31 décembre 2008

Meilleurs voeux...
























... laïques et républicains pour 2009 !
Benoît XVI connaît une baisse tendancielle du taux d’audience selon les services du Vatican : la participation des fidèles et des touristes aux audiences et aux messes du pape Benoît XVI a de nouveau baissé en 2008 par rapport à 2007 pour concerner environ 2,2 millions de personnes, selon les chiffres officiels publiés par le Vatican.
2 215 000 personnes - fidèles, pèlerins, touristes et curieux dans le même sac - ont participé au cours de l'année 2008 aux audiences générales et spéciales du pape ainsi qu'à ses célébrations liturgiques sur la place Saint-Pierre ou devant sa résidence d'été de Castel Gondolfo près de Rome.
Cette participation est en baisse par rapport à 2007, où le Vatican avait fait état de 2 830 100 participants.
En 2006, l'année qui avait suivi l'élection de Benoît XVI, 3 222 820 personnes avaient participé à ses audiences et célébrations.
Soit :
2006 : 3 222 820
2007 : 2 830 100
2008 : 2 215 000

Pas top le pape !

24 décembre 2008

Qu'est-ce que la laïcité ? par Henri Pena-Ruiz

Le 24 novembre 2006, l'Observatoire du communautarisme et le Comité Laïcité République organisait au Sénat un colloque intitulé "La République face aux communautarismes".

Henri Pena-Ruiz, philosophe, maître de conférences à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris et auteur de "Qu'est-ce que la laïcité ?" (Gallimard, 2003) donne une définition de la laïcité que nous partageons. Ni ouverte, ni plurielle, mais certainement universelle.

21 décembre 2008

La Faisabilité Politique de l'Ajustement (2)

La suite de La Faisabilité Politique de l'Ajustement ou comment la gauche a abandonné les questions politiques concernant l'Education et comment le gouvernement en place, sous la coupe de Xavier DARCOS s'ingénie à casser le service publique d'Education en privilégiant entre autres l'essor des écoles privées au détriment des écoles publiques avec des interviews de Sandrine Mazetier, député PS du XIIe, vice-présidente chargée de l'Education et Muriel Fitoussi, co-auteur avec Eddy KHALDI de "Main basse sur l'école publique"...

La Faisabilité Politique de l'Ajustement (1)

Lorsque Xavier DARCOS, ministre de l'éducation nationale, annonce la mise en place des heures de soutien, suite à la suppression du samedi matin, c’est pour « ceux qui en ont le plus besoin, ces 15 % d’élèves qui sont en grande difficulté… ». On connaît la suite : la suppression programmée de 3000 postes de RASED (Réseaux d’Aides Spécialisées aux Enfants en Difficulté)…

Sans parler des autres réformes en cours ou à venir... Mais tout ne se joue pas ici… Selon Eddy KHALDI, auteur avec Muriel FITOUSSI, d’un ouvrage « Main basse sur l’école publique », la lente casse de l’école est programmée depuis un certain temps…

Ils se sont penchés sur la généalogie des idées qui marquent ce gouvernement, en matière d'éducation nationale. Celles-ci vont puiser dans un vivier idéologiquement marqué, qui emprunte aussi bien au Club de l'Horloge (extrême-droite) qu'à l'Opus Dei.

Pour en arriver à la conclusion suivante : une marchandisation rampante devenue aujourd’hui franchement galopante…

OUI, Darcos veut et peut démanteler l'école publique…

Un film de 22 minutes qui fait le point sur les récentes mobilisations d’octobre, à la lumière des révélations d’Eddy KHALDI...

Un film fait par des parents d’élèves pour les parents d’élèves et les enseignants…

14 décembre 2008

L'agent Drozdov est mort

Alexeï von RIDIGER, alias Alexis II, le "Grand Schtroumpf" orthodoxe de Moscou, est mort le vendredi 5 décembre dans sa résidence de Peredelkino. Né en 1929 en Estonie, alors indépendante, le 15e patriarche de Moscou était issu d'une famille aristocratique d'origine allemande. Ce fils de prêtre est ordonné à son tour en 1950. Il entre en 1961 au monastère de la Trinité-Saint-Serge, cœur de l'orthodoxie russe et franchit les étapes de la hiérarchie orthodoxe à une rapidité foudroyante : évêque, archevêque puis métropolite dès les années 1960, et parallèlement "vice-président du département des relations extérieures du patriarcat", un poste qui l'amène à entretenir des relations avec l'Etat russe et avec les autres Eglises chrétiennes. Il prend dès cette période une part active au dialogue oecuménique.
Ce qui fait dire aux mauvaises langues - et Dieu sait qu'il y en a en ce bas monde ! - que cette ascension hallucinante (qui fait de celle du Christ un ridicule saut de puce) est due à sa collaboration avec le KGB ! Plusieurs historiens ont osé affirmer qu’Alexis II était en réalité l’agent «Drozdov» chargé d'espionner l’Eglise de l’intérieur pour le compte des services secrets et par la même occasion de servir à la fois Dieu et l'Etat.
De là sans doute la bousculade de dignitaires du régime qui ont rendu hommage au "leader spirituel" et "grand citoyen", son peut-être ex-collègue Vladimir Poutine en tête, déplorant un "événement tragique" pour le pays. "C'était une belle âme, c'est une grande perte", a-t-il déclaré, suffoqué de douleur. Il n'en avait pas tant fait après l'assassinat de la journaliste Anna Politkovskaïa.
Le président russe Dmitri Medvedev a rendu hommage depuis New Delhi à un "grand citoyen de Russie" dont le "destin reflète les plus grandes épreuves du XXe siècle".
Ratzinger, alias Benoît XVI, s'est dit "profondément attristé" par la mort de Ridiger, alias Alexis II, et a salué son engagement "sur la voie de la compréhension mutuelle et de la collaboration entre orthodoxes et catholiques".
Le patriarche russe a connu sa propre guerre froide avec les catholiques, qu'il accusait de "prosélytisme" en Russie, et avait refusé de recevoir ce polack de Jean Paul II. Avec Ratzinger, les relations sont devenues plus détendues.
Pour le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Terry Davis, Alexis II restera "dans les mémoires pour le rôle majeur qu'il a joué dans son pays pendant la délicate période de transition qui a suivi l'effondrement de l'Union soviétique".
Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko dont les efforts pour créer en Ukraine une Eglise orthodoxe unie, indépendante du patriarcat de Moscou, étaient très mal vus en Russie a exprimé sa "profonde tristesse".
Les activités d'Alexis II ont "considérablement contribué à la renaissance de la religion dans les pays d'ex-URSS", a-t-il fait valoir.
Le patriarche orthodoxe géorgien Ilia II a qualifié Alexis II d'"ami de l'église et du peuple géorgiens". Le dignitaire, dont le pays avait été en guerre avec la Russie en août, a exprimé à cette occasion sa "sympathie envers le peuple russe".
Toomas Hendrik Ilves, président de l'Estonie où Alexis II était né et qui est en froid avec la Russie, a souligné dans une lettre à Dmitri Medvedev que le patriarche avait "un intérêt sincère pour tout ce qui se passait en Estonie, et cela avec une rare compréhension".
Le président bulgare Guéorgui Parvanov a lui aussi rendu hommage au patriarche.
Les églises orthodoxes serbe, grecque et roumaine ont présenté leurs condoléances, Athènes soulignant qu'Alexis II avait conduit l'église russe "vers une période du renouveau spirituel".
Le président américain George W. Bush, qui a offert sa sympathie à tous les croyants de Russie, a lui aussi estimé que les années d'Alexis II à la tête de l'Eglise orthodoxe russe ont coïncidé avec un "incroyable renouveau" spirituel.
Pour le métropolite bulgare Dometian, Alexis II a ouvert "une nouvelle époque dans la vie de l'Eglise orthodoxe russe, après le totalitarisme, en la rapprochant du peuple".
A Moscou, les communautés juive et musulmane ont salué l'engagement d'Alexis II envers un dialogue interconfessionnel : "Le patriarche a apporté une contribution inestimable au renouveau de la spiritualité en Russie et à l'harmonisation des relations entre les confessions traditionnelles", a réagi le grand rabbin Berl Lazar.
"Alexis II était l'un de ceux qui ont organisé un dialogue interconfessionnel dans notre pays et à l'étranger", a commenté le vice-président du conseil des muftis, Damir Guizatoulline.
La veuve du très réactionnaire Alexandre Soljenitsyne, Natalia, a estimé que la mort du patriarche était une "épreuve" pour le pays et a appelé les Russes à "cesser tous leurs différends et à s'unir en ces temps difficiles".
Le peintre Ilia Glazounov a jugé que toute "une époque de l'histoire russe" serait liée au nom d'Alexis II. "Il a tant fait après les pogroms de l'athéisme militant, il a fait restaurer tant d'églises !", s'est-il exclamé.
"De l'époque soviétique à nos jours en passant par la perestroïka, il a tenu bon et oeuvré pour la renaissance de l'Eglise orthodoxe russe, c'était un don de Dieu", a déclaré le cinéaste Nikita Mikhalkov.
"Je suis bouleversé, j'ai du mal à trouver des mots. J'éprouvais un immense respect à son égard", a déclaré Mikhaïl Gorbatchev, qui suivait de près Poutine devant tous ceux qui se bousculaient au portillon de la salle mortuaire.
L'agent Drozdov a eu une belle carrière, sous tous les régimes.
D’après AFP le 05/12/2008

30 novembre 2008

Maudite soit la guerre !

Gentioux, le 11 novembre 2008 :
le discours de Marc BLONDEL
Un membre éminent de la Commission Administrative Nationale de la libre pensée m’a gentiment fait cadeau, lors de notre dernière rencontre, d’une minuscule bougie manufacturée par « le souvenir français » et sponsorisé par les Conseils régionaux du Nord de la France et les journaux locaux en vue de sauvegarder la mémoire en allumant une flamme dans la nuit du 10 au 11 novembre en hommage aux soldats de la grande guerre.
Ainsi il suffirait de ce geste symbolique, quelque peu ambigu. N’est-ce pas la flamme qui est sensée attester la présence de l’Eucharistie dans les Eglises, pour que la mémoire de tous ceux qui ont participé et surtout subit la boucherie guerrière la plus importante que le monde dit civilisé ait connu, soit respectée.
La guerre, la grande guerre durera 4 années, elle exigera la mobilisation de 70 millions d’hommes dans le monde, il y aura 8 millions de morts et 20 millions de blessés, elle laissera la pire des destructions des édifices, maisons et villes, mais aussi morales et psychiques pour des millions de parents qui pleureront leurs enfants disparus, pour 640 000 épouses qui ont perdu leur mari et pour 760.000 enfants qui ne reverront jamais leur père, il y aura 740.000 mutilés.
Cela conduira à un traumatisme qui laissera des traces. Cette guerre que d’anciens qualifient d’industrielle, a tout simplement marqué l’entrée dans le massacre de masse qui sera manifestement réédité non seulement avec la guerre 40 mais dans tous les conflits contemporains.
Et pourtant, un rapide coup d’œil sur les publications journalistiques de 1914 laissent perplexes, pour ne pas dire révoltés. L’inconscience marqué de puérilité du Président Paul Deschanel qui qualifia à l’Assemblée Nationale de conflit … à la française, l’équivoque existe encore lorsqu’on indique que les français sont partis la fleur au fusil, cela mérite analyse. Si les français répondirent à la mobilisation du 1er août, déterminés, c’est par résignation, ils sont loin d’être enthousiastes, ils se persuadent que cela ne durera pas.
Que dire alors de la propagande annonçant que les balles allemandes … ne tuaient pas.
Mais quand bien même, le 31 août 1914 lorsque Paris sera bombardé pour la première fois de son histoire, les parisiens qui n’avaient pas conscience du danger comprennent que la guerre est totale, que personne n’est à l’abri.
Les Nations belligérantes auront ainsi engagé leur peuple, tout le peuple, dans le conflit.
Et pourtant des voix se sont élevées dans les milieux syndicaux et socialistes. Sur ce point je m’autorise, compte tenu des mes engagements militants, à citer Léon Jouhaux alors secrétaire général de la CGT : « Toute guerre n’est qu’un attentat contre la classe ouvrière, elle est un moyen sanglant et terrible de diversion à ses revendications ».
Malheureusement, après la mort de Jaurès, il abandonnera cette position et participera à l’Union Sacrée.
Jean Jaurès lui-même et le parti socialiste de l’époque qui développaient des thèses pacifistes et internationalistes, affirmaient cependant un patriotisme et refusaient l’antimilitarisme, ils préconisaient la nation armée.
Nous retrouverons les pacifistes dans les associations et notamment les libres penseurs qui certes n’auront pas un avis unanime mais partagerons tous l’idée, que la guerre était une hérésie et ne réglait aucun problème. Bien mieux la guerre appelait la guerre.
J’ai à l’occasion de la manifestation de Craonne, cité le nom de camarades qui furent, pour certains, accusés d’injures envers l’armée voire de fausses déclarations et poursuivis par la justice.
Je reprendrai, parce qu’elle vaut valeur de symbole, la déclaration de Pierre Brizon, député, qui participa à la conférence de Kienthal et déclara à la chambre :
« J’appelle ici l’attention du gouvernement et de la Chambre en m’adressant à leurs sentiments de sympathie et de justice pour le soldat du front, plus de peine de mort pour des coups de tête. Messieurs, à l’heure où je parle on fusille les soldats sur le front ! Des balles françaises assassinent des soldats français. Nous réclamons la même discipline pour les officiers que pour les soldats. Ne fusillez pas les généraux, je ne le demande pas. Mais ne fusillez pas non plus les soldats au nom de la discipline ».
Nous sommes en 1917.

Ainsi le constat est évident, quel que fut l’état d’esprit des belligérants, lors du début du conflit, ils partageaient tous le dégout de l’affrontement et de la tuerie.
Selon leur formation, leur structure de pensée, leur participation au combat, ils avaient tous conscience non seulement de l’inutilité de leurs actes, mais devinaient qu’ils étaient l’instrument de Généraux et d’Officiers qui étaient incapables de protéger leurs hommes.
Bien mieux, sans être un spécialiste de l’armée, il semble évident que la guerre, dite de tranchées, c’est-à-dire dans la mélasse et la gadoue, ne peut conduire qu’à des affrontements directs dont le résultat est subordonné aux assauts et à leur capacité de destruction, éliminant le plus grand nombre d’adversaires, en attendant le prochain assaut.
Devant cette barbarie, il y eut des héros, conscients ou inconscients, il y avait surtout des hommes qui comprenaient qu’ils tuaient des hommes. Ce faisant, ils se détruisaient eux-mêmes.
Les comportements ont donc changé, le contact journalier avec l’autre a conduit à des fraternisations. Dans leur malheur, ces hommes avaient le respect pour ceux que l’on avait désigné comme leur ennemi, ils partagèrent parfois leur misère.
Devant ces actes profondément humains, les autorités militaires décidèrent de se débarrasser des indésirable.
Pierre BRIZON que j’ai cité tout à l’heure, s’exprimant au front, aurait été fusillé pour l’exemple.
Selon Jean-Yves Le Naour Docteur en histoire, on recense 2400 condamnés à mort dont 680 ont été passés par les armes, les autres ayant été graciés par le Commandant en chef ou le Président de la République.

Les 680 militaires qui ont été passés par les armes à la suite de Conseils de guerre improvisés, furent donc tués par les balles françaises sous des prétextes différents.

Insulter un officier ou s’endormir quand on est sentinelle, se dissimuler pour éviter de monter à l’assaut, battre en retraite sans y être autorisé, autant de prétextes qui ont justifié les condamnations d’officiers débordés qui espéraient ainsi retrouver leur autorité.
Ce ne fut d’ailleurs pas les seuls, il y eu 306 fusillés chez les Britanniques, plus de 700 de l’armée italienne.
Il y en eu quelques dizaines dans l’armée allemande.
Il semble utile de préciser que la majeure partie des condamnations eurent lieu avant 1917, c’est-à-dire avant ce qu’on appelle les mutineries et qu’à l’époque le poilu n’avait pas de moyen de défense, aucun avocat, et les sanctions n’étaient pas susceptibles d’appel.
Il nous apparait alors que justice doit être rendue, on ne peut sérieusement opposer la situation de ceux que la guerre a détruit, ils ont tous mérité de la Nation. Enfants du peuple, ils sont morts lors d’un confit qu’ils n’avaient ni désiré ni fomenté.
L’ensemble des historiens s’accordent à démontrer la sauvagerie de ce conflit.
C’est la raison pour laquelle la Fédération Nationale de la Libre Pensée, associée à l’ARAC, à la Ligue des Droits de l’Hommes, l’Union Pacifiste et le Mouvement de la paix réclament, avec insistance, la réhabilitation des fusillés pour l’exemple.
Elles poursuivent ainsi les actions diversement engagées sur le plan individuel par les familles.
Il est évident qu’en accédant à cette demande la Présidence de la République rendrait justice à tous ceux, frères de combat, qui ont payé de leur personne.

Cette demande réitérée publiquement, ici à GENTIOUX à l’occasion du 11 novembre 2008, s’accompagne de notre détermination en faveur de la paix dans le monde.
Ici où au lendemain de la guerre, dès 1920, le Maire Jules Coutaud, épris de liberté, ayant lui-même payé de sa personne qui fut gazé, a mis en place un comité pour l’érection d’un monument aux morts.
Il faut dire que la commune avait payé un lourd tribut, 58 hommes ayant été tués.
Mais si la commune de GENTIOUX portait le deuil, elle ne pardonnait pas la cause, c’est ainsi que le monument présente comme une lueur d’espoir.
Un préadolescent qui, le poing fermé, stigmatise l’inscription « maudite soit la guerre ».
Ce monument qui, à ma connaissance, n’est toujours pas inauguré par les autorités publiques, est devenu, pour la population et pour les organisations pacifistes, un lien incontournable.

Depuis 1988, sur l’initiative de la Fédération Nationale de la Libre Pensée, le 11 novembre est devenu le rassemblement des pacifistes, pacifistes respectueux de mémoire, en quelque sorte, et pacifistes militants qui vomissent la guerre, toutes les guerres. Hier à aujourd’hui, guerres coloniales, tribales, économiques et religieuses, comme un Irak ou en Afghanistan, tout cela au nom du bien et du mal.

Eternel prétexte pour soumettre les hommes, leur faire abandonner leur liberté de conscience et de comportement.

Dire NON ! Refuser d’obéir, avoir le droit à la désobéissance, avoir le devoir de désobéissance, tel est le combat des libres penseurs ; hier comme aujourd’hui, de la Somme à Kaboul, tel est notre attachement à la liberté humaine. Il est imprescriptible.

Traditionnellement, des manifestations de cette nature ont lieu auprès de 50 monuments pacifistes. Cette année, nous avons, volontairement, consacré nos efforts sur GENTIOUX afin de donner plus de visibilité à notre requête 90 ans après l’armistice. Il est grand temps que l’ensemble des morts de la grande guerre réintègre la mémoire nationale qu’ils n’ont d’ailleurs jamais vraiment quittés du fait du combat de nos associations. Il est temps maintenant de les réhabiliter pleinement, publiquement, collectivement et sans fausse honte.
Il est évident que la réhabilitation des fusillés pour l’exemple s’inscrit dans le débat plus large du pacifisme. Je reprendrai en guise de conclusion et pour me faire comprendre, les données statistiques en matière d’armement, chiffres qui prennent toute leur importance compte tenu de la situation de crise dans laquelle le capitalisme a entrainé le monde :
2,5% du PIB mondial est consacré aux armements et à la guerre
1% suffirait pour réduire la faim dans le monde.
Chaque année, en Asie, au Moyen-Orient, en Amérique Latine et en Afrique, les pays émergents dépensent en moyenne 16 milliards d’euros pour les armes.
La guerre fait la richesse des capitalistes, 60% du total mondial des armes à feu appartiennent à des particuliers.
La France tient, malheureusement, une place déterminante dans ce constat.
A quelques instants de rendre hommage à Félix BAUDY, maçon de profession, syndicaliste, qui fut tiré au sort afin d’être fusillé par les siens, après avoir refusé de se laisser conduire à l’abattoir.
Qui doit-on condamner ? le respect de la vie et de la liberté ou l’obstination d’un Poincaré qui déclare, en refusant la grâce, « que l’heure n’était pas à la faiblesse ».
Comment ne pas, dans ces conditions, reprendre l’Internationale :
"et s’ils s’obstinent ces cannibales à faire de nous des héros, ils sauront bientôt que nos balles sont pour nos propres généraux … ".
dessins :
Otto Dix - Mort dans les barbelés ; La danse des morts
Fernand Léger - Dessin du front

LA RAISON (nouvelle formule)

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11 septembre 2008

Visite papale : état de saint siège

Selon le journal le Figaro du 3 septembre 2008, un dispositif policier d’une ampleur rarement vue auparavant va être déployé pour assurer « la protection » du pape Benoît XVI. 6 000 policiers et gendarmes (3 500 à Paris et 2 500 à Lourdes), les troupes d’élites du RAID et du Service de protection des hautes personnalités seront mobilisées ainsi que la brigade fluviale. Des tireurs d’élite seront postés sur les toits de la Capitale. Des tenues NRBC pour incidents chimiques et bactériologiques seront à la disposition des policiers. Les démineurs sont partout à l’œuvre sur les parcours et lieux des réunions papales.
Le porte-avion Clemenceau étant en désamiantage, le Charles de Gaulle et les sous-marins nucléaires lance-missiles étant pris sur d’autres terrains d’opération ne seront pas de la partie, mais c’est tout juste. Les Mirages et les Rafales peuvent intervenir à tout moment, au cas où. Disons-le nettement, c’est du délire.

Le Figaro poursuit : « Selon nos informations, la nébuleuse libertaire ainsi que celle des libres-penseurs brocardant les positions papales sont sous étroite surveillance pour éviter des dérapages. Dans le même esprit, les ultras de la cause « gay », tel qu’ACT-UP, sont également dans le collimateur en raison d’appels à des manifestation non contrôlées ». Ce délire sécuritaire préfigure sans doute ce qu’il adviendra bientôt avec le projet du fichier EDVIGE qui fichera tous les Elus, les militants et les adhérents de toutes les associations loi de 1901, des syndicats et des partis politiques comme de dangereux délinquants.

Nous comprenons enfin pourquoi Madame Michèle Alliot-Marie a refusé , à plusieurs reprises, de recevoir la Fédération nationale de la Libre Pensée qui lui demandait d’être entendue à propos de la révision annoncée de la loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat : elle avait peur pour sa sécurité. Elle a, par contre, reçu tous les représentants des religions dont chacun sait qu’ils sont des havres de paix et d’amour comme en témoigne les guerres en Irak, en Asie, au Proche-Orient et dans l’ex-Yougoslavie.

La Fédération nationale de la Libre Pensée rappelle qu’elle n’est pas une « nébuleuse » mais une association légale, dûment déclarée avec une Commission Administrative Nationale qui n’a rien de clandestine. Elle a des fédérations dans tous les départements. Elle anime aussi une association d’Elus locaux et un intergroupe parlementaire.

Comment ne pas constater que ce dispositif de « sécurité répressive » tous azimuts ne vise qu’à faire taire tous ceux qui ne plient pas les genoux pour recevoir « la sainte hostie » papiste. Il apparaît clairement que le gouvernement, faisant soumission au Vatican, entend interdire toute voix discordante dans le concert des louanges qui vont se déverser à flots pour glorifier l’ancien membre des jeunesses hitlériennes qui a reçu la mitre depuis.

ON NE NOUS FERA PAS TAIRE !
Sous l’égide de l’Union Internationale Humaniste et Laïque (IHEU) qui regroupe plus d’une centaine d’associations laïques dans quarante pays et qui a une représentation permanente à l’ONU, l’UNESCO, au Conseil de l’Europe, la Fédération nationale de la Libre Pensée avec une trentaine d’associations des différents continents tiendra


Un meeting laïque international
Au Gymnase Japy – 2 rue Japy – 75011 Paris
(Métro : Voltaire)
Le Dimanche 14 septembre 2008 à 13H

Contre le financement public des activités cultuelles !
Pour la laïcité en Europe !
Pour la séparation des États et des religions !


Sous la présidence de Marc Blondel, Président de la Libre Pensée, prendront notamment la parole : Gabriel Gaudy - Secrétaire général de l’Union Régionale d’Ile-de-France de la CGT-FO, La Ligue de l’Enseignement, Sonja Eggerickw - Présidente de l’IHEU, l’Union rationaliste, Le Mouvement Laïque du Québec, Etienne Pion - Secrétaire général du Mouvement Europe et Laïcité (CAEDEL), le Conseil National des Associations Familiales Laïques (CNAFAL), Georges Liénard – Secrétaire général de la Fédération Humaniste Européenne (FHE), l’Union des Athées, Albert Riba – Président de l’Union des Athées et des Libres Penseurs d’Espagne, Pierre Galand – Président du Centre d’Action Laïque de Belgique, Christian Eyschen – Secrétaire général de la Libre Pensée.

N’en déplaise à tous ceux qui veulent remettre en cause la laïcité de l’Etat garantie par la loi de 1905, nous serons très nombreux à Paris le 14 septembre 2008 au gymnase Japy pour dire :


Ni dieu, ni maître !
A bas la Calotte !
Et vive la Sociale !

Visite papale : fermez cette école publique qu'Elle ne saurait voir !

Une école publique fermée à cause de la visite de Sa Sainteté Benoît XVI
afp
Pour des raisons de sécurité, l'école maternelle située en face du collège des Bernardins, où Benoît XVI doit prononcer un discours, n'accueillera aucun enfant et aucun personnel vendredi après-midi. Aucune mise en place d'un service minimum n'est prévue.
La venue du pape Benoît XVI au collège des Bernardins vendredi 12 septembre, à l'occasion de sa visite à Paris, ne provoque pas seulement le déploiement d'un important dispositif policier.
L'école maternelle publique de la rue de Poissy (V° arrondissement), située 27, rue de Poissy, juste en face du collège des Bernardins (un édifice du XIIe siècle, ancien lieu d'étude et de recherche chrétien), sera fermée vendredi après-midi à partir de 13h30.
"Aucun enfant et aucun personnel ne seront présents dans l'établissement" vendredi après-midi, a-t-on appris auprès de l'administration de l'école de la mairie de Paris.
"Seule la gardienne sera présente afin d'ouvrir aux policiers si nécessaire", a-t-il été précisé.
Aucun service minimum n'est prévu pour les enfants et les parents devront donc les prendre en charge eux-mêmes.
Trois mille cinq cents policiers et gendarmes seront mobilisés vendredi et samedi à Paris à l'occasion de la visite du pape Benoît XVI, a indiqué Jean-François Demarais, responsable de la direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) à la préfecture de police.

Visite papale : exploitation de la jeunesse !

L'autel et le siège du pape fabriqués par des jeunes en difficulté
afp

Autel, siège papal, support pour la statue de la Vierge: une partie du mobilier et de la décoration florale de la messe du pape prévue samedi aux Invalides à Paris a été fabriquée par des jeunes en difficulté de la fondation d'Auteuil.
Près de deux cents heures de travail ont été nécessaires aux jeunes du lycée professionnel Saint-Philippe de Meudon (Hauts-de-Seine) pour fabriquer l'autel, l'ambon, le support pour la statue de la Vierge et les sièges pour les évêques qui seront utilisés lors de la messe.
"Les jeunes sont heureux et fiers d'avoir participé à la conception de ces meubles même ceux qui ne sont pas catholiques", a expliqué à l'AFP Monique Boudet, directrice adjointe du lycée professionnel Saint-Philippe de la fondation d'Auteuil à Meudon (Hauts-de-Seine).

Le support de la Vierge a été refait
"Le travail réalisé prendra tout son sens quand on verra le mobilier à la télévision lors de la messe qui sera retransmise dans le monde entier," a ajouté Monique Boudet. Un des jeunes, qui a travaillé sur les meubles, Arthur, 18 ans, élève en première année de menuiserie à Meudon, sera présent samedi à la messe des Invalides.
Pour réaliser l'autel et les sièges dévolus aux évêques, trois professeurs ont dû travailler pendant leurs vacances en juillet, une fois leurs élèves partis. Le support pour la statue de la Vierge qui ne convenait pas aux émissaires du pape a dû être refait "dans le stress" et n'a été terminé que mercredi.
Pour une telle commande, "les exigences sont particulières, le type de bois est imposé, le cahier des charges est serré, les plans sont précis, il n'y a pas de libre cours à l'imagination", a relevé Monique Boudet.

Un siège en sycomore
Le siège papal fabriqué dans les ateliers de menuiserie de l'établissement Saint-Jean à Sannois (Val-d'Oise) a ainsi été réalisé en sycomore, symbole de l'éternité dans la Bible, dont la couleur très claire s'accorde bien avec le "blanc papal", selon la fondation d'Auteuil.
Plusieurs établissements de la fondation ont également été mis à contribution pour travailler sur les 12 oliviers et les jardinières qui seront installés aux Invalides. Enfin, le chœur gospel de la fondation, "Family one", animera la veillée du vendredi sur le parvis de Notre-Dame.
La fondation d'Auteuil est une fondation catholique consacrée à l'accueil, la formation et l'aide à l'insertion de jeunes en difficultés sociales.
Elle accueille près de 10.000 jeunes dans ses 170 établissements en France.

Visite papale : 14 millions d'euros prélevés sur les fonds publics !


L'Eglise catholique, le gouvernement, Bertrand Delanoë et Jean-Paul Huchon veulent faire du collège des Bernardins une vitrine intellectuelle.
Dans son édition du 1er septembre, LE MONDE nous apprend que "plus de sept siècles après sa création, le collège des Bernardins va retrouver l'une de ses vocations premières, la formation ainsi que les échanges intellectuels inspirés par l'Eglise catholique, et offrir au public la splendeur de son architecture gothique entièrement restaurée après plusieurs années de travaux dirigés par l'architecte Jean-Michel Wilmotte".
Fondé en 1245 par un moine cistercien convaincu que le renouveau de l'Eglise du Moyen Age passait par la formation, cet ensemble architectural, situé à quelques centaines de mètres de la cathédrale Notre-Dame, à Paris, a été inauguré le jeudi 4 septembre par la ministre de la culture, Christine Albanel, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, le président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, et le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, dont le diocèse est propriétaire des lieux.

C'est en 2001, sous l'impulsion de Mgr Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris jusqu'à sa mort en 2007, que le diocèse s'est porté acquéreur du lieu.
Propriété de la Ville de Paris après avoir été vendu comme bien national à la Révolution, il avait été transformé en entrepôt, en caserne de pompiers puis en internat pour l'école de police.
Le journalpoursuit : "Le cardinal entendait rendre aux Bernardins le rayonnement du passé.
Après avoir fondé à Paris l'Ecole cathédrale, un lieu de formation théologique et spirituelle destiné aux catholiques, laïcs et religieux, il souhaitait surtout promouvoir un lieu de réflexion sur l'avenir de l'homme dans la société et ouvrir un espace dans lequel l'Eglise catholique pourrait affirmer sa visibilité et faire entendre sa voix. "L'ouverture des Bernardins va nous aider à entrer en relation avec les grandes questions de société et nous donner l'occasion de contribuer à la réflexion", assure Mgr André Vingt-Trois, l'archevêque actuel, "fils spirituel" de son prédécesseur. "
Mais voyez comme la vie est bien faite : tout est prêt le 4 septembre, on inaugure avec tout le gratin, et devinez qui vient dîner le 12 ?
"Signe de l'importance que l'Eglise catholique entend donner à cette nouvelle vitrine intellectuelle : la venue, le 12 septembre, du pape Benoît XVI, qui tiendra aux Bernardins un discours particulièrement attendu sur la relation entre la foi et la culture moderne.
Il s'exprimera devant 700 représentants du monde culturel, rassemblés dans la nef de 1 000 m², pièce maîtresse du collège. "Le passage du pape aux Bernardins marque l'intérêt que l'Eglise porte à l'avenir de notre humanité", souligne Mgr Vingt-Trois.

DÉBATS, CONCERTS, EXPOSITIONS
Après le passage du pape, le collège démarrera ses activités. "Cinq départements de recherche dirigés par un prêtre et un universitaire travailleront durant deux ans sur le développement durable, l'éducation, l'éthique et la santé, l'histoire de l'homme et des sociétés, le judaïsme et le christianisme", précise Mgr Jérôme Beau, directeur du collège des Bernardins.
Des débats seront organisés chaque mardi soir. Un premier colloque sur "le sacré dans la publicité" se tiendra le 11 octobre.
Un pôle culturel proposera des concerts, des expositions et des films.
Le collège accueillera aussi les 3 000 étudiants régulièrement inscrits aux cours de l'Ecole cathédrale et les 150 séminaristes et laïcs de la faculté de théologie Notre-Dame. Vingt salles de cours et un auditorium de 260 places ont été aménagés. "


14 millions de fonds publics détournés !
L'achat et les travaux nécessaires pour mener à bien ce projet ont coûté 50 millions d'euros.
Les pouvoirs publics - Etat, Ville de Paris et Région - y ont contribué pour 14 millions au titre des monuments historiques.
Le mécénat a rapporté 6 millions d'euros.
Le diocèse complète avec les loyers d'immeubles qu'il possède dans Paris, mais compte encore sur des dons d'entreprises ou de personnes privées. "
A vot' bon coeur !

03 septembre 2008

Europe vaticane, Europe cléricale


Reportage
L'influence discrète de l'Eglise italienne
LE MONDE 01.09.08 RIMINI (ITALIE)
ENVOYÉ SPÉCIAL Philippe Ridet

Ces deux-là en ont les yeux qui brillent. Présents quatre jours, Gianpietro et Caterina, un couple de Trévise, arpentent les allées de la 29° édition du "Meeting pour l'amitié entre les peuples" et croient assister à un miracle. "Et vous avez vu cette foule ?, demandent-ils, anxieux. Et cette jeunesse ! Et les regards !"

Un miracle à Rimini, station balnéaire bétonnée de l'Adriatique dont le nom évoque davantage le farniente et l'Ambre solaire qu'un mystère de la foi ? Clos samedi 30 août par une intervention de José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, le meeting de Rimini, un des plus grands rassemblements de catholiques qui se puissent voir, a battu encore une fois tous les records.

Pendant une semaine, près d'un million de visiteurs ont participé à des débats, des colloques, des expositions, des concerts... Quelque 3 000 bénévoles ont payé gîte et couvert pour guider les fidèles dans ce labyrinthe de halls d'exposition où, par le passé, ont été vus Jean Paul II, Mère Teresa, le dalaï-lama, le cardinal Ratzinger avant qu'il ne soit pape, Lech Walesa, Eugène Ionesco, Andreï Tarkovski et bien d'autres.

Cette année encore, les politiques italiens de toutes tendances ont défilé par dizaines. Rimini, il faut en être. Chaque jour, une revue de presse est éditée pour la centaine de journalistes présents : 100 pages, rien que pour les articles de presse écrite. Du coup, les grandes entreprises ne se font pas prier pour régler la facture de 10 millions d'euros nécessaire à l'organisation de cet événement.

Mais le meeting de Rimini est aussi la partie la plus visible d'un iceberg nommé "Communion et Libération" (Comunione e Liberazione), un mouvement ecclésial fondé par Don Luigi Giussani (1922-2005). Proche de la hiérarchie et des valeurs de l'Eglise italienne, Communion et Libération a un objectif : éduquer à l'apprentissage de la foi chrétienne. Et une stratégie : infiltrer les lieux de pouvoir, à savoir l'entreprise, par le biais de la Compagnie des Œuvres, ainsi que la sphère politique, notamment en direction du centre et du Parti des libertés (PdL) de Silvio Berlusconi.

"Nous avons des membres qui font de la politique, mais nous n'avons pas vocation à en faire, explique Don Stefano Alberto, un compagnon des premières années de Communion et Libération. Et encore, il n'y a que quatre ou cinq députés dont je suis sûr qu'ils soient des nôtres." "Une dizaine, pas plus", explique à son tour Mario Mauro, vice-président du Parlement européen.

Des ministres ? "Oui, sûrement", ajoute un député, qui cite Angelino Alfano, le garde des sceaux, auteur de la loi d'immunité pour M. Berlusconi, et Mariastella Gelmini, la ministre de l'instruction. Sans parler de Roberto Formigoni, le puissant président de la région Lombardie.

Peu nombreuses, mais visibles et influentes, ces personnalités politiques relaient le message officiel de l'Eglise. Chaque semaine, le député Maurizio Lupi (PdL) organise une rencontre, au sein même de Montecitorio, l'Assemblée nationale italienne, des collègues membres de Communion et Libération et des sympathisants. Une réunion transpartisane où s'élaborent les synthèses, les stratégies pour les combats, notamment celui concernant l'école libre, que l'Eglise voudrait imposer au plus vite dans le calendrier du gouvernement.


"VALEURS NON NÉGOCIABLES"
Communion et Libération, branche politique de l'Eglise ? L'hypothèse fait franchement rigoler Mario Mauro : "Elle n'a pas besoin de nous. Depuis la disparition de la Démocratie chrétienne à la suite de l'opération "Mani pulite" (Mains propres), l'électorat catholique s'est replacé sur tout l'éventail. L'Eglise a des relais dans tous les partis." Communion et Libération, une "franc-maçonnerie catholique" ? Un député du Parti démocratique (centre gauche) : "Oui, ce serait plutôt quelque chose comme ça."

"Pourquoi tout le monde devrait faire de la politique, et pas nous ?", demandent les membres de Communion et Libération. Une revendication appuyée par le cardinal Bagnasco, président de la conférence épiscopale italienne lors de son intervention à l'ouverture du meeting de Rimini, le 24 août. "Ils veulent une Eglise qui reste enfermée dans l'Eglise. C'est notre droit de participer à la vie politique." Ils ? Tous ceux qui en Italie, essentiellement dans la gauche radicale, voudraient que l'Eglise n'excède pas le périmètre de ses paroisses.

Le thème choisi pour cette 29° édition du meeting de Rimini : "Ou protagoniste ou personne", pouvait aussi se lire comme la revendication de l'Eglise italienne à participer au débat politique. Mais en s'arc-boutant sur ses "valeurs non négociables" (IVG, fécondation artificielle, cellules souches, euthanasie), la recherche de consensus est difficile. "C'est un peu délicat de discuter avec eux", euphémise Sandro Gozi, député du Parti démocratique, présent lui aussi à Rimini.

Mais, de tout cela, Gianpietro et Caterina n'ont rien vu. "Dites surtout que c'est extraordinaire", supplient-ils en disparaissant.

Lettre au Président de la République

FEDERATION NATIONALE DE LA LIBRE PENSEE
Membre de l’Union Internationale Humaniste et Laïque


A l’occasion du 150ème anniversaire de l’apparition de la vierge à Bernadette Soubirous, le Pape Benoît XVI sera reçu à Lourdes le 14 septembre 2008. Conjointement, il a été décidé, sur votre invitation, qu’il visiterait la capitale et prononcerait une homélie et dirigerait un office religieux sur l’esplanade des Invalides.

La Fédération Nationale de la Libre Pensée, association initiée depuis 160 ans, prend acte de cette visite qui correspond aux souhaits des catholiques de notre pays. Il nous semble toutefois que ces manifestations, de caractère religieux, ne peuvent et ne doivent pas être supportées, financièrement, par le Trésor Public.

C’est la raison pour laquelle nous avons demandé aux collectivités locales directement intéressées : ville de Lourdes, Conseil général et Région Midi-Pyrénées, de refuser de subventionner, directement ou indirectement, les frais de voyage et de réception consécutifs à cette invitation.

S’agissant de la réception à Paris, nous considérons, après consultation des Etats recensés à l’ONU et contribuant au financement des institutions internationales, que le Vatican n’est pas un Etat, il figure d’ailleurs comme observateur dans lesdites institutions. Il suffit d’ailleurs de consulter les accords de Latran pour confirmer qu’il s’agit d’une attribution de terrain pour le Saint Siège et en aucun cas une reconnaissance d’un pays et d’une Nation sur la base de l’identité religieuse.

En conséquence, prendre en charge les frais de réception se ferait en violation de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat qui mentionne dans son article 2 que la République ne salarie ni ne finance les religions.

Monsieur le Président de la République, au nom de la Fédération Nationale de la Libre Pensée, au nom de la laïcité à laquelle 72% des français sont attachés (selon le journal catholique La Croix), je vous serais reconnaissant de bien vouloir nous indiquer le montant des frais inhérents à ces visites.

Je m’engage à rendre public vos informations. Il reste entendu que nous ne confondons pas subvention et prise en charge des frais de réception et la protection nécessaire pour assurer la sécurité de tout voyageur sur le territoire français.

Avec ma plus haute considération et mes sentiments républicains et laïques.

Blondel Marc
Président de la Fédération nationale de la Libre Pensée

22 août 2008

La multiplication des petits euros (suite)

L'Eglise se convertit aux lois du marché
LE MONDE 21.08.08 - Claire Gatinois et Elise Vincent

Une fois la messe dite, entre deux confessions, à l'abri des regards des fidèles, l'évêque de votre diocèse est peut-être discrètement en train de surveiller les cours de la Bourse. De vérifier que la crise des subprimes n'est pas en train de dégénérer. Que la valeur de son portefeuille n'a pas chuté. Son pseudo sur le site Boursorama ? "Pie 12" ou "JP 2". La scène est fictive, mais pas totalement fantaisiste.
Depuis le 31 mai, les évêques de France ont en effet la possibilité inédite de souscrire à un fonds d'investissement dédié. Nommé Ethica, ce FCP - pour fonds commun de placement - a été proposé en mars aux représentants des 95 diocèses de France, lors de leur réunion annuelle, par la Conférence des évêques de France (CEF), la structure qui les chapeaute.
Ce portefeuille n'est toutefois pas un produit financier comme les autres. C'est un fonds catholique, éthique. Investi uniquement dans des actions d'entreprises conformes aux valeurs de l'Eglise, comme le respect de la vie, la promotion de la paix ou le rejet de la corruption. "Concrètement, cela signifie que nous n'achetons pas d'actions de laboratoires pharmaceutiques qui vendraient la pilule abortive", explique Charles-Antoine Smet, gérant chez Allianz Global Investors, la société de gestion qui a remporté l'appel d'offres des diocèses. Et les préservatifs ? "On ne va pas jusqu'à parler de contraception", indique-t-il.
Le filtre est déjà coercitif. Seules 38 % des actions cotées en Europe respectent les critères listés dans un document intitulé "Gestion des biens de l'Eglise : enjeux ecclésiaux/enjeux éthiques". Un dossier de vingt-cinq pages, dans lequel il est également expliqué que "les chrétiens doivent être rendus conscients des enjeux pratiques de la vie de leur Eglise : ni ignorance, ni honte, ni dissimulation".
Depuis deux ans, les évêques réfléchissaient à la meilleure manière de gérer les biens de l'Eglise. "Nous voulions un produit avec NOS principes éthiques, et pas ceux de quelqu'un d'autre, explique Jean-Michel Coulot, secrétaire général adjoint chargé des questions administratives et financières à la CEF. Il a fallu un an et demi de préparation pour arriver à un consensus."
Jusqu'ici, faute de mieux, les diocèses créaient leurs propres portefeuilles, investissant les deniers de l'Eglise, l'argent de la quête des paroisses qu'ils supervisent ou les legs dans des placements de "bons pères de famille". Des sicav monétaires pour l'essentiel, avec un rendement assuré, mais limité.
Les dons des fidèles baissent d'année en année. Ce fonds éthique est donc une aubaine pour doper les finances de l'Eglise, sans culpabilité. "L'objectif est de faire au moins aussi bien que le marché, et si on peut, à terme, aussi bien que les Bourses européennes (l'indice Eurostoxx 50)", détaille M. Coulot. "L'argent n'est pas mal s'il n'est pas notre maître", insiste Jean-Louis Posté, lui aussi de la CEF. Et ce dernier d'évoquer la visite du Christ à Zachée, le collecteur d'impôts qui finit par distribuer la moitié de ses biens aux pauvres. "En 1968, certains prêtres avaient peur de faire la quête, maintenant l'Eglise est plus décomplexée", constate-t-il. Le concile Vatican II y a sans doute aidé.
Fin juillet, l'encours du fonds Ethica a atteint 4,6 millions d'euros. "Arriver à 100 millions d'euros à terme, c'est crédible", présage même M. Posté. Un tiers des diocèses de France se sont déjà laissé tenter.
Parmi eux, Paris, Lyon, Nanterre, Annecy... Ce dernier a déjà mis 200 000 euros et compte monter jusqu'à 1 million d'euros d'ici un an. Pascal Delanoye, évêque adjoint du diocèse de Lille, lui aussi souscripteur, est enthousiaste : "Ce fonds, c'est le nôtre. L'Eglise a imposé ses critères, on ne s'est pas adaptés à un fonds existant ."
Pour le catholicisme, qui entretient un rapport ambigu, souvent alourdi d'un sentiment de culpabilité, avec l'argent, se mêler de finance est acrobatique. La pratique est toutefois assez courante pour d'autres religions. Les produits de finance islamiques, avec des fonds "charia compatibles", qui totalisent aujourd'hui près de 700 milliards de dollars (441 milliards d'euros) dans le monde, en sont l'exemple le plus important.

Quant à la religion protestante, "c'est elle qui a été à l'origine des fonds étiquetés ISR, pour investissement socialement responsable", rappelle Catherine Husson-Traore, directrice générale du cabinet spécialisé Novethic. Ainsi, les quakers américains ont été les premiers à investir en excluant de leur portefeuille les capitaux issus du commerce des armes, de l'alcool et du tabac...
Dans le catholicisme, quelques rares initiatives ont aussi été recensées. Bien avant les évêques, la Soeur Nicole Reille, économe à la congrégation Notre-Dame, avait monté en 1983, avec la société de gestion Meeschaert, un fonds d'investissement éthique, Nouvelle stratégie 50, pour compléter la retraite des religieuses. "Les communautés se transforment de plus en plus en maisons de retraite, ça nous coûte plus cher, et les ressources manquent", explique-t-elle.

Pour faire fructifier le patrimoine des religieuses tout en respectant les principes de l'Eglise, est ainsi née l'association Ethique et investissement. Son objectif : auditer les entreprises et les interroger sur les sujets qui fâchent pour, si possible, les faire évoluer. "A l'époque, on a soulevé quelques bombes", se rappelle Mme Reille, mentionnant notamment les questions posées au pétrolier Total sur ses investissements en Birmanie.

La plupart des diocèses de France n'ont toutefois pas encore osé sauter le pas et souscrire à Ethica. Quand ce n'est pas pour des raisons éthiques, c'est une question de moyens. Jouer en Bourse les quelques dons des fidèles, alors que les marchés tremblent, serait trop audacieux pour certains. "On est très heureux de ce que la Conférence des évêques de France a fait, mais on n'a pas assez de marge de manoeuvre pour souscrire à Ethica", signale ainsi Alain de Bovis, chargé des affaires financières à l'évêché de Marseille. "Ethica, c'est très bien, mais la priorité pour nous, c'est de réhabiliter une école pastorale à Athis-Mons", ajoute son homologue au diocèse d'Evry, Joëlle Delanoue.
Enfin, faire de l'argent avec de l'argent, est encore un interdit trop grand pour certains membres de l'Eglise catholique.
"Spéculer ? Jamais de la vie !", juge ainsi Paul Mouraud, prêtre depuis 1962 à Saint-Michel-Chef-Chef (Loire-Atlantique).

15 août 2008

Gyatso et Ratzinger, mitre blanche et blanche mitre...





COMMUNIQUE DE PRESSE
de la Fédération nationale de la Libre Pensée
Paris, le 15 août 2008

La République ne reconnaît aucun culte
(loi de 1905) :
En conséquence, ni le Daïla-Lama ni le Pape ne doivent être reçus officiellement par une quelconque autorité de la République !


Précédant le voyage du pape Joseph Ratzinger dit Benoît XVI , c’est au tour de Tenzin Gyatso alias la quatorzième réincarnation du Daïla Lama de venir faire du prosélytisme dans notre pays. Comme de coutume, nous assistons à un déferlement médiatique sans précédent et à un empressement des autorités et des corps constitués à faire allégeance à la propagande religieuse.
La Libre Pensée est pour la libre circulation des hommes et des idées. En conséquence, les chefs religieux sont libres de voyager, mais ni aux frais de la République, ni reconnus par la République.
C’est là le strict respect de la laïcité de l’État républicain.

Par ailleurs, dans le pays des Droits de l’Homme et de la Révolution française, on est en droit de s’interroger publiquement sur les « qualités démocratiques » des chefs religieux que certains encensent.

Rappelons que le Vatican se prétend État (toutefois non reconnu par l’ONU) dans lequel il est interdit d’être non-catholique, d’être syndiqué, de faire grève et dans lequel il n’y a jamais eu d’élections démocratiques. Et que ce curieux « État » mène une campagne acharnée contre les plus élémentaires libertés démocratiques que sont la contraception et l’IVG, sans parler de la lutte criminelle contre le port du préservatif, seul moyen de masse pour enrayer la pandémie du SIDA et que son chef fut adhérent des jeunesses hitlériennes.

Rappelons que le Daïla-lama a été formé par le Waffen SS Heinrich Harrer.

Pour juger du caractère « démocratique » du Tibet, laissons-lui la parole dans son ouvrage "Sept ans d’aventure au Tibet" : « La domination qu’exerce les moines du Tibet est absolue. C’est l’exemple type de la dictature cléricale ».
Il est stupéfiant de remarquer que le Dalaï-Lama actuel, en 1994, a voulu réunir à Londres des personnalités occidentales ayant connu un Tibet indépendant. Sur les sept personnalités, il y avait les deux Waffen SS, Harrer l'alpiniste et Beger l'ethnologue d' Auschwitz et un diplomate chilien du nom de Miguel Sorano qui a fait carrière dans le sillage de Kurt Waldheim, en étant proche de Pinochet et des communautés nazies du sud du Chili.

Le Tibet n’est pas un État indépendant, il est chinois depuis le XIIIe siècle, de la même manière que le Vatican n’est que le produit des accords du Latran de 1929 signé par le chef de l’État fasciste italien Benito Mussolini.
Le Vatican est un résidu du fascisme italien comme l’État du Tibet est un produit de la guerre froide.
Nul détenteur de l’autorité de la chose publique n’a le droit de violer les principes républicains et, en premier lieu, la laïcité de l’État.

C’est ce que rappellera la Libre Pensée lors du meeting laïque international du 14 septembre 2008 à 13H au Gymnase Japy – 2 rue Japy – 75011 Paris (Métro :Voltaire) à l’occasion de la visite de Benoît XVI.


Ce meeting est appelé par 25 associations de France, d’Europe et des autres continents.

· CONTRE TOUT FINANCEMENT PUBLIC DE LA VISITE DU PAPE !
· POUR LA LAÏCITÉ EN EUROPE !
· POUR LA SÉPARATION DES ÉTATS ET DES RELIGIONS !

Respectez la Loi de 1905 ! Respectez notre liberté de conscience !
* * *
TOUS À PARIS 14 SEPTEMBRE 2008 A 13 HEURES !


Le dalaï-lama et l’honneur nazi
par Laurent Dispot (rédacteur à la Règle du jeu)
dans LIBERATION du vendredi 25 avril 2008 :

En juillet 1938 (anniversaire en 2008), un SS champion d’alpinisme est vainqueur de la face nord de l’Eiger, en Suisse : une «première». Il s’appelle Heinrich Harrer. Le récit de son exploit, et sa photo avec Hitler, sont aussitôt diffusés massivement en Europe et dans le monde par la machine de propagande de Goebbels.
Il s’est inscrit à la SA en 1933, à la prise de pouvoir par Hitler (trois quarts de siècle en 2008). Passé à la SS, il est un favori du Reichsführer Heinrich Himmler.
Quelques mois après, autre «première» : ses camarades SS et lui-même sont vainqueurs des synagogues brûlées et des familles juives terrorisées, sur tout le territoire de l’Allemagne, lors de ce qu’ils nomment par dérision «la nuit de Cristal», le 9 novembre 1938.
Pendant que les Juifs passent à la nuit et au brouillard, Harrer est investi d’une mission par Hitler et Himmler en personnes : s’infiltrer au Tibet, en accord avec les ministres régents du dalaï-lama enfant, pour devenir précepteur de celui-ci. En pleine guerre d’agression contre la Chine de l'allié japonais des Nazis, il s’agit de conquérir Lhassa comme nœud stratégique sur l’axe Berlin-Tokyo.
2008 est l’anniversaire de la «reconnaissance» par Hitler en 1938 de la stratégie de morcellement de la Chine menée par le Japon. Autrement dit la Mandchourie occupée par l’envahisseur fasciste.
Heinrich Harrer a accompli sa mission de confiance hitlérienne, malgré la défaite militaire de1945, en la transformant en un logiciel pseudo «spirituel» installé dans des têtes affamées de servitude.
Son rapport de mission, Sept ans au Tibet, était bourré de mensonges grossiers et de fascination pour le «Führerprinzip» impitoyable du théocratisme lamaïque.

Il a été transformé en film de propagande mondiale, en 1997, par le cinéaste français Jean-Jacques Annaud. Sept ans au Tibet, produit à Hollywood n’était qu’un «Bienvenue au nazi chez les Tibétains» avec dans le rôle du «gentil SS» un Brad Pitt aux cheveux très blonds, aux yeux très bleus, assorti de tout plein de beaux drapeaux à croix gammée.
A la mort de Harrer en 2006, et encore ces jours-ci, le dalaï-lama a diffusé de ce SS une apologie sans réserves : c’est-à-dire sans les mots «nuit de Cristal», «Himmler», «Hitler», «Juifs». Où qu’un SS ait été en mission, il était à Auschwitz. Il n’y a pas de «voie médiane» entre les Juifs martyrs dès 1938 et le champion nazi de 1938 encensé par le dalaï-lama en 2008.
L’«Océan de Sagesse» ne doit pas servir à noyer le poisson de la mémoire et de l’histoire : à relancer en contrebande le «Hitler connais pas» et «la Shoah détail de la Seconde Guerre mondiale».
Le négationnisme n’est pas soluble dans les neiges éternelles. Le maître (spirituel) a eu ce maître (d’école). Il lui reste fidèle. Il y met son honneur. Sur le ceinturon des SS figurait la devise : «notre honneur est notre fidélité». Le dalaï-lama met, depuis soixante ans, son point d’honneur à ne pas parler de la mission au Tibet confiée en 1938 à son précepteur par Hitler et Himmler, ni des motifs mystiques, racistes et stratégiques de cette mission.
Il pourrait invoquer son enfance, regretter d’avoir été manipulé par un plan des nazis et de leurs alliés japonais : ceux qui violaient Paris, Oradour, Tulle ; ceux qui violaient Nankin.
Au lieu de cela, il traite la destruction des Juifs d’Europe de rétribution, forcément juste, de fautes antérieures : il jette la Shoah à la poubelle du «karma».
Et il ne cesse de ressasser son remerciement à un SS d’avoir été son «initiateur à l’Occident et la modernité» .
En acceptant ce discours, des Occidentaux et des modernes se font citoyens du déshonneur.

Lourdes 2008 : la multiplication des petits euros

Lourdes : une saison exceptionnelle

Lourdes accueillera le pape Benoît XVI au mois de septembre.
La fréquentation touristique est en hausse de 30% cette année.
Des pélerins dépensiers qui font le bonheur des commerçants.

(dépêche AFP)


vidéo : clic ici

Bush le diplomate


"La brutalité et l'intimidation ne sont pas une manière acceptable de mener la politique étrangère au 21e siècle"


George W. Bush
14 août 2008



04 août 2008

L’Opus Dei fait son nid...

... dans une paroisse toulousaine :

«Les voies de la Providence sont impénétrables !» : sur le site de l’archevêché de Toulouse, l’abbé Franck Touzet, aumônier de l’Opus Dei rend grâce à Dieu d’avoir été nommé curé de la Dalbade, l’une des églises les plus importantes de Toulouse. Dans les faits, tout le mérite de la première nomination d’un membre du mouvement ultracatholique à la tête d’une paroisse française revient à Mgr Robert Le Gall, l’archevêque du diocèse.
«Il faut se méfier des préjugés», dit Olivier de Germay. Racontée par ce vicaire siégeant au conseil épiscopal, l’instance consultative diocésaine, la décision «n’a absolument rien d’exceptionnel en soi».

Franquiste.
L’histoire remonte à mai : «Cela s’est fait dans la plus grande clarté», explique ce responsable chargé des paroisses de banlieues pour qui l’Opus Dei, le mouvement fondé dans l’Espagne franquiste par José Maria Escriva de Balaguer, directeur de conscience du général Pinochet canonisé par Jean Paul II, est une «spiritualité parmi d’autres de l’église catholique».
Exit les «rumeurs infondées» qui feraient de «l’Œuvre de Dieu» en latin, une «secte» à la Da Vinci Code dont les membres, majoritairement laïcs recrutés essentiellement dans les milieux universitaires seraient chargés, outre la pratique de la mortification physique et de la surveillance mutuelle, d’infiltrer le pouvoir économique et politique.
«A Toulouse, la centaine de membres de l’Opus Dei sont connus depuis de nombreuses années pour leurs activités paroissiales notamment en direction des plus jeunes», ajoute Olivier de Germay.
«Au final, pour toutes les décisions, c’est toujours l’archevêque qui a le dernier mot», conclut-il. Depuis son arrivée à Toulouse en 2006, ce dernier ne cache pas son empathie pour l’Opus Dei.

Anonymat.
Le 20 juin 2006, à l’église de la Dalbade, Monseigneur Robert Le Gall, moine bénédictin spécialiste de la liturgie, ex-prieur de l’abbaye bretonne de Sainte-Anne de Kergonan, est l’un des deux archevêques français, avec celui d’Aix-en-Provence, à avoir célébré une messe en l’honneur de saint José Maria de Balaguer.
Un premier signe que personne à Toulouse n’avait jugé bon de relever. Hormis dans le cercle traditionnellement discret des membres de l’archevêché.
Sous couvert d’anonymat, la nomination d’un aumônier de l’Opus Dei délie cependant les langues. «L’archevêque est un carriériste qui veut ainsi se faire bien voir à l’approche de la venue du Pape Benoît XVI en France le 12 septembre», explique cet autre membre du conseil épiscopal.
«Cette visite officielle à l’invitation de Nicolas Sarkozy qui sera marquée par un pèlerinage du pape à Lourdes, est une première étape dans la préparation des Journées mondiales de la jeunesse catholique (JMJ) prévues à Madrid en 2011. L’Opus Dei sera le fer de lance de la préparation de cet événement d’où l’importance pour lui d’avoir des relais en France», ajoute-t-il.
Une affirmation démentie par Jean-Marie Dessaivre, le chargé de communication de l’archevêché de Toulouse : «L’aumônier de la Dalbade placé sous la responsabilité directe de Mgr Le Gall n’a pas vocation à s’occuper de la préparation des JMJ
Le seul à avoir osé officiellement réagir, «même s’il ne peut rien faire contre», est Pierre Cohen, le maire PS de Toulouse : «Nous nous serions bien passés de cette première. Je suis indigné par la nomination dans l’une des principales paroisses de la ville d’un membre de l’Opus Dei, une des organisations les plus dures de l’Eglise, connu pour ces rapprochements scandaleux dans le passé avec l’extrême droite espagnole.»
lundi 4 août 2008 - LIBERATION
Correspondance à Toulouse de J.-M. ESCARNOT


Un curé de l'Opus Dei entre à la paroisse de Dalbade
Polémique.

C'est une première en France. Le diocèse de Toulouse a fait appel à un aumonier de l'organisation ultra catho pour s'occuper de cette paroisse du centre-ville.
Valérie Sitnikow 02 Août 2008 - La Dépêche du Midi

Un prêtre de l'Opus Dei nommé curé d'une paroisse… Une première en France. À 66 ans, l'abbé Franck Touzet, un solide Normand, aumônier à Grenoble, arrive début septembre pour s'occuper de la paroisse de la Dalbade. Voilà qui ne restera pas dans le secret du confessionnal de cette importante église du centre ville qui compte quelque 5 000 fidèles, parmi les catholiques les plus pratiquants. Le diocèse de Toulouse ne fait pas mystère de cette nomination par l'archevêque Mgr Le Gall qui, depuis son installation à Toulouse en 2006, ne cache pas son empathie pour l'Opus Dei : cette branche controversée de l'Eglise fondée en 1928 en Espagne par le prêtre franquiste José Maria Escriva de Balaguer, souvent présentée comme la branche idéologique des cathos les plus ultras.
« Un coup de main »
« Ce ne sera pas une annexe, ni une église de l'Opus Dei », prévient Joseph Grifone, directeur du foyer Puymaurin qui abrite l'Opus Dei à Toulouse. « L'abbé Franck Touzet fera le travail de l'Église. L'Opus Dei est une prélature personnelle qui peut répondre à des besoins pastoraux précis. Mais ce n'est pas le travail de l'Opus Dei de s'occuper d'une paroisse. L'évêque nous a demandé de lui donner un coup de main, nous le faisons. Un membre de l'Opus Dei dépend de son évêque comme n'importe qui, mais il prend des engagements supplémentaires sur la formation et l'activité apostolique », explique Joseph Grifone, ancien professeur de mathématique universitaire, qui a débuté ses activités au sein de l'OD à Toulouse en 1973.
L'abbé Franck Touzet est l'un des trois seuls prêtres français numéraires de l'Opus Dei. L'organisation regroupe des fidèles selon un critère qui n'est pas territorial mais repose sur des personnes.
À Toulouse, l'Opus Dei local compte une petite centaine de fidèles surnuméraires (laïcs), dont une majorité d'intellectuels toulousains. Et une quinzaine de « numéraires » : des hommes et femmes vivant séparément dans les deux résidences Puymaurin. Ces derniers, qui ont fait vœu de célibat et de chasteté, pratiquent la mortification physique avec le port du cilice, véritable sanctification par la douleur, rapportée par le best-seller « Da Vinci Code » et le film qui a suivi. « La caricature était tellement forte », soupire Joseph Grifone, « finalement, les gens se sont informés et ont replacé les choses dans la réalité ».

Le maire de Toulouse « indigné »
Le maire de Toulouse, Pierre Cohen, se montre atterré par la nomination d'un prêtre de l'Opus Dei dans l'une des principales paroisses de la Ville rose. « Je suis à la fois surpris et choqué. L'Opus Dei est l'une des organisations les plus dures de l'Église avec, par le passé, des rapprochements scandaleux avec l'extrême-droite espagnole et le pouvoir franquiste. L'Opus Dei s'inscrit dans cette lignée. Je suis indigné. »

19 mai 2008

Sagrada familia...

la sobrina de Rouco Varela
Tonton Cardinal est revenu
Des pesos des lingots il en a le cul cousu
La famille hypocrite crie vive p'tit Jesù

Tonton Cardinal est revenu
(d'après Pierre Perret)

Elle en rêvait la sobrina, d'un Tío Cardinal Arzobispo tout gâteau. Mais le népotisme n'est plus ce qu'il était ! Le Tonton est aussi sec à l'intérieur qu'à l'extérieur.
Rancunière, la nièce du cardinal Antonio Maria Rouco Varela, chef de l'Eglise catholique espagnole, décide donc de mettre sa plus belle lingerie et de poser dans un magazine pour, assure-t-elle, "mettre à nu l'hypocrisie de mon oncle" et par la même occasion palper quelques euros qui n'iront pas au denier du culte.
C'est l'hebdomadaire Interviù qui accueille la malheureuse Magdalena Rouco Hernandez et accepte de consacrer sa couverture et un reportage surtout photos à la "nièce rebelle - sans effets ou presque - du cardinal" archevêque de Madrid.
Arrivée dans le studio photo, Magdalena la pécheresse se confesse tout en se découvrant :
"A travers mon oncle, j'ai découvert l'hypocrisie de l'Eglise catholique qui prêche une chose et fait son contraire" et son éventail lui échappe de la main.
"Mon oncle ne se lasse pas de répéter que la famille est sacrée, qu'il faut la respecter et lutter pour elle, mais ensuite, il méprise et abandonne la sienne", poursuit-elle en laissant négligemment choir sa mantille.
"Je nourris une vive rancoeur à l'égard de mon oncle, depuis la mort de mon père il y a sept ans," sanglote la nièce déchue, laissant glisser sa robe.
"Il n'est pas venu à l'enterrement. Il n'a pas envoyé de fleurs ni adressé de condoléances. La seule chose qu'il a faite a été de mentir. Il m'a dit qu'il ne pouvait pas venir parce qu'il avait une audience avec le Saint-Père et il m'a invitée à recommander mon âme à Dieu - et c'était même pas vrai !" et de rage, elle fait tourbillonner son soutien-gorge et l'envoie valdinguer à l'autre bout du studio .
Aussi rouge que ses sous-vêtements, elle redouble d'indignation quand elle raconte qu'elle s'est fait éconduire par Tonton Cardinal à qui elle demandait de l'aide parce que son époux avait été licencié de son entreprise.
"Je crois que c'est parce que nous sommes pauvres qu'il se cache de nous", conclut-elle en souriant malgré tout à travers ses larmes au photographe d'Interviù.
Cuando era pequeña, Magdalena Rouco Hernández (Tenerife, 1981) rezaba a diario. Su familia era muy religiosa, sobre todo su padre, quien veneraba a su hermano pequeño, Antonio María Rouco Varela, actual cardenal arzobispo de Madrid y presidente de la Conferencia Episcopal. “Mi padre nos hizo ver a mis hermanos y a mí que mi tío era un ser superior, una especie de santo”, recuerda Magdalena. Pero mucho ha llovido desde entonces y grandes han sido las decepciones que el arzobispo de Madrid ha causado a su sobrina, según asegura ésta: “A través de mi tío he descubierto la hipocresía de la Iglesia, que predica una cosa y hace la contraria. Mi tío no se cansa de repetir que la familia es sagrada, que hay que respetarla y luchar por ella, pero luego él desprecia y abandona a la suya”.

18 mai 2008

PREMIERE BOUCHERIE MONDIALE

FUSILLES POUR L'EXEMPLE :

REHABILITATION !

Les 600 mutins de 14-18 pourraient être réintégrés
Le gouvernement réfléchit à la réintégration dans les morts pour la France, de 600 mutins français qui avaient refusé de combattre lors de la Première Guerre Mondiale. Environ 3.500 condamnations, en rapport avec ces mutineries, furent prononcées par les conseils de guerre avec une échelle de peines plus ou moins lourdes. Il y eut, entre autres, 1.381 condamnations aux travaux forcés ou à de longues peines de prison et 554 condamnations à morts...

Pour voir le reportage de FR3 Picardie sur le rassemblement de Craonne :
clic ici ! (puis sur samedi 17 mai)

Marc Blondel sur RTL : clic là !

29 avril 2008

Brebis noire et lanterne rouge

La France mauvaise élève pour la connaissance de la Bible

Américains et Polonais sont beaucoup plus familiers des Écritures, selon une enquête internationale.
La France mais aussi l'Espagne apparaissent comme les mauvais élèves dans une enquête sur «La lecture des Écritures dans certains pays», présentée hier au Vatican.
Interrogés pour savoir s'ils avaient lu au moins un passage de la Bible depuis un an, les Français et les Espagnols sont arrivés en dernière position, avec respectivement 21 % et 20 % de réponses positives, loin derrière les Américains (75 %), les Polonais (38 %), les Britanniques (36 %), les Russes (35 %), les Néerlandais (31 %), les Allemands (28 %) et les Italiens (27 %).
Réalisée dans ces neuf pays auprès de non-croyants et de fidèles pratiquants de confession protestante, catholique et orthodoxe, cette enquête a été commanditée par la Fédération biblique catholique internationale, dans la perspective du synode des évêques sur la parole de Dieu qui se tiendra en octobre au Vatican.
Autre point saillant du sondage : moins de 50 % des Français possèdent un exemplaire de la Bible chez eux. En revanche, seuls 7 % des Américains ne possèdent pas de Bible à la maison, et 15 % de Polonais.
L'enquête s'est également penchée sur la connaissance du contenu, en posant des questions de base : Jésus est-il l'auteur de livres de la Bible ? Est-ce que Moïse est un personnage de l'Ancien Testament ? Qui de Luc, Jean, Paul et Pierre a écrit un Évangile ? Ce sont les Polonais qui arrivent en tête avec plus de 20 % de sans-faute, suivis par les États-Unis (avec plus 17 %). Juste derrière, la Grande-Bretagne enregistre 17 % de bonnes réponses et l'Allemagne 15 %. Là encore, la France et l'Espagne ne brillent pas par leurs résultats (11 % et 8 % sans erreur). Pour autant, ce sont les Russes qui arrivent en toute dernière position avec seulement 7 % de bonnes réponses.
L'absence de lecture n'exclut pas la prière
«Attention aux confusions, prévient le père Laurent Villemin, professeur de théologie à l'Institut catholique de Paris, ce n'est pas parce qu'on ne lit pas la Bible qu'on ne la connaît pas, ou bien qu'elle ne joue pas de rôle dans sa vie. Simplement, on y accède par d'autres voies, notamment la catéchèse, la messe, les célébrations, etc. » L'absence de lecture n'exclut pas non plus la prière, comme le souligne l'enquête. En effet, les Français, peu fervents des textes, sont seulement 49 % à dire qu'il ne leur «arrive jamais de prier». Les Néerlandais sont 42 % à l'avouer aussi, les Allemands 38 % et les Britanniques 36 %. Quant aux Américains, 87 % affirment prier et même chaque jour pour 63 % d'entre eux tout comme 85 % de Polonais et d'Italiens, 77 % de Russes et 73 % d'Espagnols.
Au vu de ces résultats, l'enquête indique notamment que la France est le pays qui présente «le plus grand niveau de sécularisation».
Le père Villemin confirme : «La France est le pays le plus touché par la disparition du religieux dans l'espace public, et par ricochet dans l'espace privé.» Pour lui, rien d'étonnant à ce que les Français ressortent comme les plus mauvais élèves du sondage. «Contrairement à beaucoup d'autres pays, le fait religieux n'est pas un fait culturel en France, il est très marginalisé

LE FIGARO du 28/04/2008

07 avril 2008

La faute à Eve

Rencontre
des
libres penseurs
samedi 12 avril à 11h00
salle de la Commanderie
4-6 rue du lieutenant-Colonel Pélissier à Toulouse
« Les valeurs de la Libre Pensée
et
le combat d’émancipation des femmes »

Somme toute, le célibat des prêtres est étroitement lié à la place que l’Eglise accorde aux femmes dans cette vallée de larmes : condamnée à l’esclavage domestique ad seculae seculorum.
Par la faute d’Eve, les femmes sont impures. L’homme est souillé à son contact et même à sa seule vue.
La femme est utile à la reproduction de l’espèce et à l’entretien.
Ce que les Allemandes avaient concentré dans la formule des trois K : « Kinder, Küche, Kirche » (les enfants, la cuisine, l’Eglise). On comprendra donc qu’a fortiori, les soldats du Christ ne sauraient se commettre avec ces « untermenschen » (du moins au grand jour).
On en déduira que le célibat des prêtres est un concept sectaire, tout aussi obscurantiste que le voile.
Seuls s’en étonneront ceux qui pensent que la religion chrétienne (et notoirement l’Eglise catholique), bien loin de l’islam rétrograde, évolue avec son temps : aux époques obscurantistes, une Eglise inquisitoriale ; à l’époque civilisée, une Eglise éclairée, porteuse de valeurs essentielles à la société.
Cette place et ce rôle dévolus à la femme dans la société sont le fait des religions, quelles qu’elles soient.
Cela peut simplement apparaître aujourd’hui plus marqué là-bas qu’ici, chez le musulman du Mirail que chez le catholique du quartier Saint-Etienne.
Mais à y bien regarder…
Dans une société ainsi conçue, pourquoi donc les femmes voteraient-elles ? Pourquoi seraient-elles libres de disposer de leur corps comme elles l’entendent ? Pourquoi chercheraient-elles à trouver un travail et donc à suivre des études pour se qualifier ?
Comment des idées aussi saugrenues peuvent-elles même passer par la tête ?
En France et en Europe, le combat d’émancipation des femmes est bien loin d’avoir abouti. Les grandes conquêtes sont toujours fragiles et sans cesse menacées. Tout comme les grandes conquêtes du mouvement ouvrier.

La Fédération de la Libre Pensée de la Haute-Garonne vous convie à la Rencontre des libres penseurs qui aura lieu samedi 12 avril à 11h00, salle de la Commanderie, 4-6 rue du lieutenant-Colonel Pélissier à Toulouse (clic ici pour l'accès au plan).
Notre ami François Gleyses introduira la discussion sur le thème « Les valeurs de la Libre Pensée et le combat d’émancipation des femmes ».

05 avril 2008

Bioéthique : 22, v’là Vingt-Trois !

La Conférence des Evêques de France qui vient de se terminer a planché sur la bioéthique. Mgr Vingt-Trois (photo) a mis cette question au centre des travaux de la CEF et de son communiqué final.

Dans le contexte du débat qui s’est engagé autour de l’affaire Sébire, l’Eglise veut imposer son point de vue.

Mais de quel droit ? Comme en Espagne, comme en Italie, l'Eglise manoeuvre pour s'ingérer dans les affaires publiques. Pour faire bonne mesure et paraître désintéressée, elle prétend incarner la démocratie dans cette vallée de larmes. Démocratie participative, démocratie oecuménique : que toutes les religions se mêlent des affaires publiques !
Ci-après, des extraits d’un entretien (édifiant) avec Mgr Pierre d’Ornellas, président du groupe de travail sur la bioéthique, publié sur le site de la CEF.

" L’objectif de cette première étape était d’informer les évêques. Pour cela, nous avons d’abord auditionné six personnes des milieux juridique, politique et scientifique et nous avons rassemblé une vingtaine de catholiques qui travaillent dans le domaine bioéthique d’une manière ou d’une autre. Cela nous a aidés à constituer un dossier en vue de cette Assemblée plénière. Ce dossier comprend seize fiches renseignant sur des questions de bioéthique dans leurs aspects scientifique, juridique et éthique, et ce de façon aussi précise que possible. Nous avons également inclus une déclaration de l’Académie pontificale pour la vie sur la production et l’usage scientifique et technique des cellules souches embryonnaires humaines.
Pour introduire nos échanges, j’ai d’abord présenté aux évêques une nouveauté. Celle-ci est mise en œuvre par l’encyclique Evangelium Vitae (« L’Evangile de la vie »). Il s’agit en effet d’un document hors du commun que Jean-Paul II a écrit après avoir consulté les évêques du monde entier et dans lequel il a engagé son autorité de successeur de Pierre. De même que la doctrine sociale de l’Eglise est née à partir de 1891, c’est-à-dire avec l’industrialisation, le corps de doctrine sur la vie s’est développé à partir des années 1970, soit au moment où sont inventés les termes « bioéthique » et « acharnement thérapeutique ». Dans sa réflexion, le Pape s’est appuyé notamment sur l’encyclique Humanae Vitae (1968), sur l’exhortation apostolique Familiaris consortio (1981) et sur une instruction de la Congrégation pour la doctrine de la foi sur le respect dû à l’embryon (1987). Il a aussi pris appui sur l’article 27 de la constitution pastorale du concile Vatican II Gaudium et Spes.
La deuxième partie de cette introduction a porté sur la manière d’aborder ces questions dans l’espace public. A ce propos, notre groupe de travail a souhaité attirer l’attention des évêques sur quatre points : premièrement, il nous faut établir un dialogue avec tous ceux que ces questions intéressent parce que, tout simplement, le principe de la dignité intangible de la vie humaine est accessible à la raison humaine.
Deuxièmement, le statut de la loi civile : celle-ci ne peut pas contredire des valeurs de la démocratie. Or, si des législateurs autorisent la suppression de la vie, cela veut dire qu’ils ne croient pas en l’homme et en ses ressources devant la souffrance. N’ayant pas confiance, en quelque sorte, en leurs électeurs, ils perdraient eux-mêmes leur confiance. Ainsi, le fondement de la démocratie – la confiance entre les citoyens et leurs représentants – serait mis en danger.
Le troisième point d’attention concerne précisément la souffrance : celle de la stérilité, du handicap, de la vieillesse, de la maladie, comme celle de ceux qui ont vécu les traitements de l’aide médicale à la procréation. Il y a aussi celle des personnes qui sont handicapées ou ont un enfant handicapé. Car ceux-là se sentent parfois jugés, insultés par le discours ambiant. La souffrance, c’est aussi la douleur, la peur, l’angoisse.
Le dernier point, c’est la recherche, la question étant de savoir comment aider les chercheurs à être libres et responsables, à vivre selon la dignité humaine. De fait, la recherche est aujourd’hui le lieu d’une immense tentation : celle de vouloir percer le mystère. Connaître le commencement, ce n’est pas maîtriser l’origine. La vulnérabilité et la limite sont constitutives de la dignité humaine.
Les évêques ont également travaillé en carrefours à partir du dossier. Nous savons d’ores et déjà qu’ils souhaitent que notre groupe de travail approfondisse certains sujets, comme l’articulation entre la loi civile et la loi morale. Ils nous demandent aussi d’être informés de ce que pensent les autres pays européens et les autres religions sur ces questions de bioéthique.
Un véritable débat vous parait-il possible, aujourd’hui en France, sur les questions de bioéthique ?
Cela me semble non seulement possible, mais souhaitable ! Et, bien sûr, ce sera un vrai débat si on laisse parler tout le monde. Pour prendre un exemple, pour le moment, les spécialistes des différentes disciplines n’échangent guère entre eux. C’est ce que nous avons voulu faire entre évêques : prendre le temps de réfléchir ensemble. Car le temps est un don qui permet d’être sérieux et la précipitation est une faute qui laisse infantile. Or les enjeux sont sérieux parce qu’ils engagent la solidarité entre tous et en particulier envers les plus souffrants, et qu’ils promettent de vrais progrès thérapeutiques.
"