19 mai 2008

Sagrada familia...

la sobrina de Rouco Varela
Tonton Cardinal est revenu
Des pesos des lingots il en a le cul cousu
La famille hypocrite crie vive p'tit Jesù

Tonton Cardinal est revenu
(d'après Pierre Perret)

Elle en rêvait la sobrina, d'un Tío Cardinal Arzobispo tout gâteau. Mais le népotisme n'est plus ce qu'il était ! Le Tonton est aussi sec à l'intérieur qu'à l'extérieur.
Rancunière, la nièce du cardinal Antonio Maria Rouco Varela, chef de l'Eglise catholique espagnole, décide donc de mettre sa plus belle lingerie et de poser dans un magazine pour, assure-t-elle, "mettre à nu l'hypocrisie de mon oncle" et par la même occasion palper quelques euros qui n'iront pas au denier du culte.
C'est l'hebdomadaire Interviù qui accueille la malheureuse Magdalena Rouco Hernandez et accepte de consacrer sa couverture et un reportage surtout photos à la "nièce rebelle - sans effets ou presque - du cardinal" archevêque de Madrid.
Arrivée dans le studio photo, Magdalena la pécheresse se confesse tout en se découvrant :
"A travers mon oncle, j'ai découvert l'hypocrisie de l'Eglise catholique qui prêche une chose et fait son contraire" et son éventail lui échappe de la main.
"Mon oncle ne se lasse pas de répéter que la famille est sacrée, qu'il faut la respecter et lutter pour elle, mais ensuite, il méprise et abandonne la sienne", poursuit-elle en laissant négligemment choir sa mantille.
"Je nourris une vive rancoeur à l'égard de mon oncle, depuis la mort de mon père il y a sept ans," sanglote la nièce déchue, laissant glisser sa robe.
"Il n'est pas venu à l'enterrement. Il n'a pas envoyé de fleurs ni adressé de condoléances. La seule chose qu'il a faite a été de mentir. Il m'a dit qu'il ne pouvait pas venir parce qu'il avait une audience avec le Saint-Père et il m'a invitée à recommander mon âme à Dieu - et c'était même pas vrai !" et de rage, elle fait tourbillonner son soutien-gorge et l'envoie valdinguer à l'autre bout du studio .
Aussi rouge que ses sous-vêtements, elle redouble d'indignation quand elle raconte qu'elle s'est fait éconduire par Tonton Cardinal à qui elle demandait de l'aide parce que son époux avait été licencié de son entreprise.
"Je crois que c'est parce que nous sommes pauvres qu'il se cache de nous", conclut-elle en souriant malgré tout à travers ses larmes au photographe d'Interviù.
Cuando era pequeña, Magdalena Rouco Hernández (Tenerife, 1981) rezaba a diario. Su familia era muy religiosa, sobre todo su padre, quien veneraba a su hermano pequeño, Antonio María Rouco Varela, actual cardenal arzobispo de Madrid y presidente de la Conferencia Episcopal. “Mi padre nos hizo ver a mis hermanos y a mí que mi tío era un ser superior, una especie de santo”, recuerda Magdalena. Pero mucho ha llovido desde entonces y grandes han sido las decepciones que el arzobispo de Madrid ha causado a su sobrina, según asegura ésta: “A través de mi tío he descubierto la hipocresía de la Iglesia, que predica una cosa y hace la contraria. Mi tío no se cansa de repetir que la familia es sagrada, que hay que respetarla y luchar por ella, pero luego él desprecia y abandona a la suya”.

18 mai 2008

PREMIERE BOUCHERIE MONDIALE

FUSILLES POUR L'EXEMPLE :

REHABILITATION !

Les 600 mutins de 14-18 pourraient être réintégrés
Le gouvernement réfléchit à la réintégration dans les morts pour la France, de 600 mutins français qui avaient refusé de combattre lors de la Première Guerre Mondiale. Environ 3.500 condamnations, en rapport avec ces mutineries, furent prononcées par les conseils de guerre avec une échelle de peines plus ou moins lourdes. Il y eut, entre autres, 1.381 condamnations aux travaux forcés ou à de longues peines de prison et 554 condamnations à morts...

Pour voir le reportage de FR3 Picardie sur le rassemblement de Craonne :
clic ici ! (puis sur samedi 17 mai)

Marc Blondel sur RTL : clic là !

29 avril 2008

Brebis noire et lanterne rouge

La France mauvaise élève pour la connaissance de la Bible

Américains et Polonais sont beaucoup plus familiers des Écritures, selon une enquête internationale.
La France mais aussi l'Espagne apparaissent comme les mauvais élèves dans une enquête sur «La lecture des Écritures dans certains pays», présentée hier au Vatican.
Interrogés pour savoir s'ils avaient lu au moins un passage de la Bible depuis un an, les Français et les Espagnols sont arrivés en dernière position, avec respectivement 21 % et 20 % de réponses positives, loin derrière les Américains (75 %), les Polonais (38 %), les Britanniques (36 %), les Russes (35 %), les Néerlandais (31 %), les Allemands (28 %) et les Italiens (27 %).
Réalisée dans ces neuf pays auprès de non-croyants et de fidèles pratiquants de confession protestante, catholique et orthodoxe, cette enquête a été commanditée par la Fédération biblique catholique internationale, dans la perspective du synode des évêques sur la parole de Dieu qui se tiendra en octobre au Vatican.
Autre point saillant du sondage : moins de 50 % des Français possèdent un exemplaire de la Bible chez eux. En revanche, seuls 7 % des Américains ne possèdent pas de Bible à la maison, et 15 % de Polonais.
L'enquête s'est également penchée sur la connaissance du contenu, en posant des questions de base : Jésus est-il l'auteur de livres de la Bible ? Est-ce que Moïse est un personnage de l'Ancien Testament ? Qui de Luc, Jean, Paul et Pierre a écrit un Évangile ? Ce sont les Polonais qui arrivent en tête avec plus de 20 % de sans-faute, suivis par les États-Unis (avec plus 17 %). Juste derrière, la Grande-Bretagne enregistre 17 % de bonnes réponses et l'Allemagne 15 %. Là encore, la France et l'Espagne ne brillent pas par leurs résultats (11 % et 8 % sans erreur). Pour autant, ce sont les Russes qui arrivent en toute dernière position avec seulement 7 % de bonnes réponses.
L'absence de lecture n'exclut pas la prière
«Attention aux confusions, prévient le père Laurent Villemin, professeur de théologie à l'Institut catholique de Paris, ce n'est pas parce qu'on ne lit pas la Bible qu'on ne la connaît pas, ou bien qu'elle ne joue pas de rôle dans sa vie. Simplement, on y accède par d'autres voies, notamment la catéchèse, la messe, les célébrations, etc. » L'absence de lecture n'exclut pas non plus la prière, comme le souligne l'enquête. En effet, les Français, peu fervents des textes, sont seulement 49 % à dire qu'il ne leur «arrive jamais de prier». Les Néerlandais sont 42 % à l'avouer aussi, les Allemands 38 % et les Britanniques 36 %. Quant aux Américains, 87 % affirment prier et même chaque jour pour 63 % d'entre eux tout comme 85 % de Polonais et d'Italiens, 77 % de Russes et 73 % d'Espagnols.
Au vu de ces résultats, l'enquête indique notamment que la France est le pays qui présente «le plus grand niveau de sécularisation».
Le père Villemin confirme : «La France est le pays le plus touché par la disparition du religieux dans l'espace public, et par ricochet dans l'espace privé.» Pour lui, rien d'étonnant à ce que les Français ressortent comme les plus mauvais élèves du sondage. «Contrairement à beaucoup d'autres pays, le fait religieux n'est pas un fait culturel en France, il est très marginalisé.»

LE FIGARO du 28/04/2008

07 avril 2008

La faute à Eve

Rencontre
des
libres penseurs
samedi 12 avril à 11h00
salle de la Commanderie
4-6 rue du lieutenant-Colonel Pélissier à Toulouse
« Les valeurs de la Libre Pensée
et
le combat d’émancipation des femmes »

Somme toute, le célibat des prêtres est étroitement lié à la place que l’Eglise accorde aux femmes dans cette vallée de larmes : condamnée à l’esclavage domestique ad seculae seculorum.
Par la faute d’Eve, les femmes sont impures. L’homme est souillé à son contact et même à sa seule vue.
La femme est utile à la reproduction de l’espèce et à l’entretien.
Ce que les Allemandes avaient concentré dans la formule des trois K : « Kinder, Küche, Kirche » (les enfants, la cuisine, l’Eglise). On comprendra donc qu’a fortiori, les soldats du Christ ne sauraient se commettre avec ces « untermenschen » (du moins au grand jour).
On en déduira que le célibat des prêtres est un concept sectaire, tout aussi obscurantiste que le voile.
Seuls s’en étonneront ceux qui pensent que la religion chrétienne (et notoirement l’Eglise catholique), bien loin de l’islam rétrograde, évolue avec son temps : aux époques obscurantistes, une Eglise inquisitoriale ; à l’époque civilisée, une Eglise éclairée, porteuse de valeurs essentielles à la société.
Cette place et ce rôle dévolus à la femme dans la société sont le fait des religions, quelles qu’elles soient.
Cela peut simplement apparaître aujourd’hui plus marqué là-bas qu’ici, chez le musulman du Mirail que chez le catholique du quartier Saint-Etienne.
Mais à y bien regarder…
Dans une société ainsi conçue, pourquoi donc les femmes voteraient-elles ? Pourquoi seraient-elles libres de disposer de leur corps comme elles l’entendent ? Pourquoi chercheraient-elles à trouver un travail et donc à suivre des études pour se qualifier ?
Comment des idées aussi saugrenues peuvent-elles même passer par la tête ?
En France et en Europe, le combat d’émancipation des femmes est bien loin d’avoir abouti. Les grandes conquêtes sont toujours fragiles et sans cesse menacées. Tout comme les grandes conquêtes du mouvement ouvrier.

La Fédération de la Libre Pensée de la Haute-Garonne vous convie à la Rencontre des libres penseurs qui aura lieu samedi 12 avril à 11h00, salle de la Commanderie, 4-6 rue du lieutenant-Colonel Pélissier à Toulouse (clic ici pour l'accès au plan).
Notre ami François Gleyses introduira la discussion sur le thème « Les valeurs de la Libre Pensée et le combat d’émancipation des femmes ».

05 avril 2008

Bioéthique : 22, v’là Vingt-Trois !

La Conférence des Evêques de France qui vient de se terminer a planché sur la bioéthique. Mgr Vingt-Trois (photo) a mis cette question au centre des travaux de la CEF et de son communiqué final.

Dans le contexte du débat qui s’est engagé autour de l’affaire Sébire, l’Eglise veut imposer son point de vue.

Mais de quel droit ? Comme en Espagne, comme en Italie, l'Eglise manoeuvre pour s'ingérer dans les affaires publiques. Pour faire bonne mesure et paraître désintéressée, elle prétend incarner la démocratie dans cette vallée de larmes. Démocratie participative, démocratie oecuménique : que toutes les religions se mêlent des affaires publiques !
Ci-après, des extraits d’un entretien (édifiant) avec Mgr Pierre d’Ornellas, président du groupe de travail sur la bioéthique, publié sur le site de la CEF.

" L’objectif de cette première étape était d’informer les évêques. Pour cela, nous avons d’abord auditionné six personnes des milieux juridique, politique et scientifique et nous avons rassemblé une vingtaine de catholiques qui travaillent dans le domaine bioéthique d’une manière ou d’une autre. Cela nous a aidés à constituer un dossier en vue de cette Assemblée plénière. Ce dossier comprend seize fiches renseignant sur des questions de bioéthique dans leurs aspects scientifique, juridique et éthique, et ce de façon aussi précise que possible. Nous avons également inclus une déclaration de l’Académie pontificale pour la vie sur la production et l’usage scientifique et technique des cellules souches embryonnaires humaines.
Pour introduire nos échanges, j’ai d’abord présenté aux évêques une nouveauté. Celle-ci est mise en œuvre par l’encyclique Evangelium Vitae (« L’Evangile de la vie »). Il s’agit en effet d’un document hors du commun que Jean-Paul II a écrit après avoir consulté les évêques du monde entier et dans lequel il a engagé son autorité de successeur de Pierre. De même que la doctrine sociale de l’Eglise est née à partir de 1891, c’est-à-dire avec l’industrialisation, le corps de doctrine sur la vie s’est développé à partir des années 1970, soit au moment où sont inventés les termes « bioéthique » et « acharnement thérapeutique ». Dans sa réflexion, le Pape s’est appuyé notamment sur l’encyclique Humanae Vitae (1968), sur l’exhortation apostolique Familiaris consortio (1981) et sur une instruction de la Congrégation pour la doctrine de la foi sur le respect dû à l’embryon (1987). Il a aussi pris appui sur l’article 27 de la constitution pastorale du concile Vatican II Gaudium et Spes.
La deuxième partie de cette introduction a porté sur la manière d’aborder ces questions dans l’espace public. A ce propos, notre groupe de travail a souhaité attirer l’attention des évêques sur quatre points : premièrement, il nous faut établir un dialogue avec tous ceux que ces questions intéressent parce que, tout simplement, le principe de la dignité intangible de la vie humaine est accessible à la raison humaine.
Deuxièmement, le statut de la loi civile : celle-ci ne peut pas contredire des valeurs de la démocratie. Or, si des législateurs autorisent la suppression de la vie, cela veut dire qu’ils ne croient pas en l’homme et en ses ressources devant la souffrance. N’ayant pas confiance, en quelque sorte, en leurs électeurs, ils perdraient eux-mêmes leur confiance. Ainsi, le fondement de la démocratie – la confiance entre les citoyens et leurs représentants – serait mis en danger.
Le troisième point d’attention concerne précisément la souffrance : celle de la stérilité, du handicap, de la vieillesse, de la maladie, comme celle de ceux qui ont vécu les traitements de l’aide médicale à la procréation. Il y a aussi celle des personnes qui sont handicapées ou ont un enfant handicapé. Car ceux-là se sentent parfois jugés, insultés par le discours ambiant. La souffrance, c’est aussi la douleur, la peur, l’angoisse.
Le dernier point, c’est la recherche, la question étant de savoir comment aider les chercheurs à être libres et responsables, à vivre selon la dignité humaine. De fait, la recherche est aujourd’hui le lieu d’une immense tentation : celle de vouloir percer le mystère. Connaître le commencement, ce n’est pas maîtriser l’origine. La vulnérabilité et la limite sont constitutives de la dignité humaine.
Les évêques ont également travaillé en carrefours à partir du dossier. Nous savons d’ores et déjà qu’ils souhaitent que notre groupe de travail approfondisse certains sujets, comme l’articulation entre la loi civile et la loi morale. Ils nous demandent aussi d’être informés de ce que pensent les autres pays européens et les autres religions sur ces questions de bioéthique.
Un véritable débat vous parait-il possible, aujourd’hui en France, sur les questions de bioéthique ?
Cela me semble non seulement possible, mais souhaitable ! Et, bien sûr, ce sera un vrai débat si on laisse parler tout le monde. Pour prendre un exemple, pour le moment, les spécialistes des différentes disciplines n’échangent guère entre eux. C’est ce que nous avons voulu faire entre évêques : prendre le temps de réfléchir ensemble. Car le temps est un don qui permet d’être sérieux et la précipitation est une faute qui laisse infantile. Or les enjeux sont sérieux parce qu’ils engagent la solidarité entre tous et en particulier envers les plus souffrants, et qu’ils promettent de vrais progrès thérapeutiques.
"

21 mars 2008

10 mars 2008, square Jean Calas, sous une pluie battante...

Allocution
prononcée
le 10 Mars 2008
place saint Georges à TOULOUSE
à la mémoire de JEAN CALAS
victime de l’intolérance religieuse



Comme chaque année au même jour, le 10 Mars, la Libre Pensée commémore pour le stigmatiser un abominable acte de barbarie commis en 1762, il y a exactement 146 ans sur la personne de Jean CALAS, Toulousain, honorable commerçant, marié, père de cinq enfants, protestant, accusé sans preuve d’avoir assassiné son fils Marc Antoine âgé de 28 ans parce qu’il aurait voulu se convertir au Catholicisme.

Il faut dire qu’à cette époque Toulouse était une ville qui se caractérisait non seulement par l’opulence de ses classes dirigeantes (pensez aux beaux hôtels particulier à son commerce du pastel), mais aussi, malheureusement, par son intolérance vis-à-vis de la minorité protestante.

En 1562, soit dix avant la Saint Barthélemy, les Toulousains avaient arrêté, poursuivi et tué tous les protestants de la ville.
Depuis lors, ils célébraient en grandes pompes, avec force procession et Te Deum, ce massacre engendré par le fanatisme religieux.
Car c’est bien le fanatisme religieux qui est à l’origine de ce que les historiens ont retenu sous le nom de « l’affaire CALAS »...
Affaire CALAS qui doit sa notoriété à VOLTAIRE.

En effet, sans VOLTAIRE, parlerait-on encore de « l’affaire CALAS » ?
Après tout, extorquer des aveux sous la torture était chose courante et tout à fait légale sous l’ancien régime (nous sommes sous Louis XV )…….
Cette pratique abominable – on disait alors la QUESTION - ne sera abolie qu’en 1790 sous Louis XVI.

C’est VOLTAIRE, qui par la rapidité et l’efficacité de ses interventions, obtient un an jour pour jour après l’exécution de l’infortuné CALAS, sa réhabilitation et la restitution à la famille des biens qui lui avaient été confisqués...



L’ AFFAIRE :
Revenons-en très rapidement aux faits.
Le 3 mars 1761, Jean CALAS reçoit chez lui, au 50 rue des FILATIERS, en compagnie de sa femme et de deux de ses enfants, Marc Antoine 28 ans et Pierre, le cadet, un ami de passage, Gaubert LAVAYSSE, venant de BORDEAUX.
La servante est là, catholique.
A 19h - ils mangent… on connaît le menu !
A 20h30 - Marc Antoine se retire.
A 22h- l’invité prend congé.
On descend : découverte du corps sans vie « étranglé ou pendu » selon les termes des enquêteurs.

A partir de là, un invraisemblable enchaînement de faits va entraîner cette honorable famille vers le désastre le plus absolu !
Elle est accusée en bloc, sans preuve aucune, sur la foi de témoignages douteux, d’avoir assassiné l’aîné de ses enfants sous le prétexte que celui-ci aurait eu l’intention de se convertir au catholicisme !
Or rien n’a jamais été prouvé :
ni que Marc Antoine voulait se convertir,
ni surtout que le père avait tué son fils !
Il a toujours nié même sous les pires tourments.

Voilà un assassinat :

- sans motifs. En effet pourquoi Jean Calas aurait-il tué son fils Marc Antoine sous le prétexte d’une éventuelle conversion alors même que son troisième fils était déjà converti chez les Pénitents Blancs et qu’il lui versait une pension.

- sans preuve….. et de surcroît

- avec un alibi : puisque l’accusé, sa femme, le fils Pierre, la servante et l’invité étaient à l’étage au moment des faits.

Malgré tout, la machine infernale se met en branle… et à coups de témoignages imprécis, non vérifiés, recueillis sous menace d’excommunication… le procès aboutit :

- à la condamnation du père,


- au bannissement du fils Pierre,


- à l’enfermement dans un couvent des deux filles qui n’étaient même pas là au moment des faits !
- à la confiscation des biens de la famille,


- à la relaxe de l’ami Gaubert et de la servante.

Peut on imaginer sentence plus inique, sentence plus cruelle ? Pourquoi ? Pourquoi ? à cause du contexte politico-religieux qui été évoqué.

Calas fut exécuté le 10 Mars 1762, il y a exactement 246 ans !…

Sans Voltaire, sa notoriété, son talent et sa pugnacité, Calas aurait été oublié parmi les multiples victimes de l’intolérance qui sévissait alors… intolérance nourrie par le fanatisme religieux.

FANATISME :

Reportons-nous à l’article publié dans l’encyclopédie en 1764 sous la plume de Voltaire justement.
"Le fanatisme est à la superstition ce que la rage est à la colère. Celui qui a des extases, des visions qui prend des songes pour des réalités et ses imaginations pour des prophéties est un enthousiaste ; celui qui soutient sa folie par le meurtre est un fanatique ; (….)
Lorsqu’une fois le fanatisme a gangrené un cerveau, la maladie est presque incurable. J’ai vu des convulsionnaires qui, en parlant des miracles de saint Pâris, s’échauffaient par degrés malgré eux : leurs yeux s’enflammaient, leurs membres tremblaient, la fureur défigurait leur visage et ils auraient tué quiconque les eût contredits. Il n’y a d’autre remède à cette maladie épidémique que l’esprit philosophique qui, répandu de proche en proche, adoucit enfin les mœurs des hommes et qui prévient les accès du mal ; car dès que ce mal fait des progrès, il faut fuir et attendre que l’air soit purifié. Les lois et la religion ne suffisent pas contre la peste des âmes. La religion loin d’être pour elles un aliment salutaire, se tourne en poison dans les cerveaux infectés.(…)
Les lois sont encore très impuissantes contre ces accès de rage ; c’est comme si vous lisiez un arrêt du conseil à un frénétique. Ces gens–là sont persuadés que l’esprit saint qui les pénètre est au-dessus des lois, que leur enthousiasme est la seule loi qu’ils doivent entendre.
Que répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes et qui, en conséquence est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ?
"

Tout Voltaire est dans cet article.

On reste stupéfait devant la rapidité et l’efficacité de son action. Efficacité due à sa notoriété et à l’habileté de sa démarche.
En effet, il n’attaque pas la Justice du Roi qui est, affirme-t-il, une bonne justice… Mais il s’insurge contre les mauvais procédés utilisés par ceux qui sont chargés de l’appliquer : le parlement de Toulouse, les Capitouls, ces Languedociens qu’il appelle les « LanguedoCHIENS ». Suprême finesse !

Au finish, le 7 Mars 1763 le Conseil du Roi casse le procès. Et le 9 (soit un an exactement après l’exécution), Jean Calas est réhabilité :
- il est reconnu innocent.
- une pension est versée à la famille sur la cassette personnelle du Roi.

Justice est faite... mais Calas n’en est pas ressuscité pour autant, ni ses os raccommodés.

Pour nous Libres Penseurs, cette affaire prouve jusqu’où pouvait aller dans le passé, l’intolérance religieuse avec tout le cortège d’abominations et de souffrances qu’elle a engendrées.
Mais elle vient à point aujourd’hui pour attirer notre attention sur les dangers que fait toujours peser sur la paix sociale et les libertés individuelles la volonté des religions - quelles qu’elles soient- de se voir reconnues par les Etats en attendant d’en prendre le contrôle !

Soyons vigilants et restons persuadés que le meilleur garant de la PAIX est de maintenir étanche la frontière qui sépare :

Ce qui appartient à la sphère publique
et
Ce qui appartient à la sphère privée

La sphère privée, celle du domaine de l’intime, où se placent (au même titre que la sexualité) les religions et les convictions philosophiques.

C’est justement ce que la loi de 1905 instaure sans ambiguïté, puisqu’elle prévoit LA SEPARATION DES EGLISES ET DE L’ ETAT et qu’elle précise que celui-ci ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte, mais qu’il garantit à chacun son libre exercice en observant une stricte neutralité.

Hélas cette loi limpide a connu bien des entorses... à commencer par les subventions à diverses confessions :
- catholique hier avec la loi Barangé qui apporta d’importants subsides à l’enseignement privé,
- musulmane à présent avec la participation financière de certaines municipalités à la construction de mosquées.

Y a-t-il un seul pays musulman qui subventionne sur son territoire la construction ou l’entretien d’une Eglise ?

La loi de 1905 est fondamentale pour l’unité de notre République et de notre Démocratie – c’est elle qui est le garant de la Laïcité institutionnelle sur laquelle repose notre beau triptyque :

LIBERTE - EGALITE - FRATERNITE -

Sachons défendre cette vieille dame de 103 ans.

Nous avons vu comment en ex Yougoslavie, les religions ont servi de manteau à une entreprise de démantèlement des nations, comment les différentes religions ont été utilisées pour diviser les populations à l’intérieur d’un même peuple !

Vive la Raison et l’esprit critique pour combattre tous les dogmes et les superstitions qui génèrent et entretiennent l’obscurantisme facteur d’intolérance.

VIVE la REPUBLIQUE
VIVE la LAÏCITE institutionnelle génératrice de PAIX.

LE 10 Mars 2008

Eliane ORVILLE
Vice Présidente de la Fédération de la Libre Pensée de la Haute Garonne.

23 février 2008

Au nom du père, du fils et du saint esprit...

Sœur Emmanuelle
Emmanuelle Mignon est depuis mai 2007 directrice du cabinet de Nicolas Sarkozy.
Elle a fait sa scolarité à l’école Sainte-Marie de Neuilly et au lycée Sainte-Geneviève de Versailles. On ne sera donc pas plus surpris que ça d’apprendre qu’elle est toujours à 40 ans membre des scouts unitaires de France.
Catholique militante donc, elle entame des études de théologie et c’est sans doute là que des voix l’appellent à d’autres missions. L’ENA lui ouvre ses portes en 1995.
A confesse, elle dit d’elle-même : « J'ai toujours été conservatrice, j'aime l'ordre. Je crois à l'initiative individuelle, à l'effort personnel et, en matière économique, à la main invisible du marché ».
Et après trois Ave Maria, elle ajoute :
« Ma vie scoute m'a appris que le service du bien public fait partie des missions du chrétien. Il n'y a pas incompatibilité. »

Emmanuelle Mignon n’est pas sectaire avec les sectes. L’Eglise de la Scientologie « ou bien c’est une dangereuse organisation et on l’interdit, ou alors ils ne représentent pas une menace particulière pour l’ordre public et ils ont le droit d’exister en paix ». Et en ce qui concerne les sectes en général, « c'est un non-problème ». Elle précisera plus tard que « soit ces mouvements et ces groupes troublent l'ordre public et abusent de la faiblesse psychologique des personnes, et dans ce cas ils doivent être poursuivis et sanctionnés. Soit ils ne troublent pas l'ordre public et respectent les personnes, et ils doivent alors pouvoir exister normalement conformément au principe de la liberté de conscience ».

Emmanuelle Mignon est l’auteur des discours de Nicolas Sarkozy à Saint-Jean-de-Latran, à Riyad en Arabie saoudite, et devant le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).

Sœur Rachida
Françoise de Panafieu a défendu mardi le choix de Rachida Dati comme tête de liste de l'UMP dans le VIIe, un arrondissement parisien auquel la ministre de la Justice serait socialement adaptée selon elle puisqu'elle a été élevée "chez les bonnes sœurs".
Interrogée sur Radio Classique, la candidate de droite à la mairie de Paris ne s'est pas prononcée sur le nom du futur maire du VIIe, Rachida Dati ou le numéro deux de sa liste, le maire sortant Michel Dumont.
Le parachutage de cette proche du chef de l'Etat dans un arrondissement acquis à la droite - 75% des électeurs y ont voté Sarkozy en mai dernier - a fait grincer des dents localement où un ancien conseiller municipal a lancé une liste dissidente.
La garde des Sceaux est "entourée d'élus du VIIe arrondissement. Elle habite elle-même le VIIe arrondissement", a fait valoir Françoise de Panafieu.
"Et on va être clair, elle ne peut pas le dire alors je vais le dire à sa place : elle a été élevée chez les bonnes soeurs et elle connaît mieux les cantiques que certains qui s'en revendiquent", a-t-elle ajouté.

13 février 2008

8 février : le discours de Marc Blondel





Mesdames et Messieurs les représentants des autorités municipales et publiques,
Citoyennes, citoyens,

Il m’appartient, en qualité de Président de la Fédération Nationale de la Libre Pensée, association qui fête ses 160 années d’existence, de rendre hommage aux penseurs précurseurs des lumières, victimes de l’obscurantisme, à travers l’image de Giulio Cesare VANINI.

Au préalable, je tiens à vous dire notre satisfaction de voir les élus municipaux de votre ville saluer la mémoire de celui qui fut considéré comme "le prince des libertins" voire "l’aigle des athées", ce qui tranche quelque peu avec la pensée unique et la tendance actuelle de certains politiques à revaloriser le rôle des religions au point d’ébranler le caractère laïque et égalitaire de notre République.

Par cet acte vous apparaissez comme quelque peu rebelles donc dans la droite ligne des hommes que nous entendons honorer par cette cérémonie.

Permettez-moi de rappeler l’histoire de VANINI qui fut brève puisque né en 1585, il fut, permettez-moi ce terme, "assassiné" à Toulouse, par décision de justice, en 1619, le 9 février.

Toulouse, capitale du Languedoc où il séjourna relativement peu de temps, où, plus exactement, il pensait, peut-être naïvement, trouver refuge.

En effet, Giulio Cesare VANINI est né dans les Pouilles italiennes. Après des études juridiques à Naples il entre dans l’ordre des Carmes.

Lors d’un séjour dans la République de Venise, il fréquente l’université de Padoue et se mêle au combat des vénitiens contre le Pape ce qui le conduit, pour éviter les sanctions, à rejoindre l’Angleterre où il se convertit à l’anglicanisme. Déçu par les anglais, il obtient le pardon du Pape, il est incarcéré à Londres, s’évade, gagne Bruxelles puis Paris.

C’est en France, à Lyon, qu’il publie "l’Amphithéâtre de l’éternelle providence".

En 1615 et 1616, il fréquente les libertins de la cour de Marie de Médicis et publie les "Admirables arcanes de la nature".

Il règne alors à Paris un climat de liberté, de libertinage voire d’impiété, la production littéraire de VANINI est à la mode, le retournement s’effectue lors de la condamnation de son œuvre par la Sorbonne.

Les protections dont il pouvait bénéficier s’effondrent, car il y a des poussées violentes anti- italiennes qui conduiront CONCINI à sa perte.

VANINI doit quitter Paris, il se réfugie temporairement à Condom.

Il arrive enfin à Toulouse.

Ce qui peut paraître paradoxal.

Ce n’est faire injure à personne que de préciser qu’en ce début du XVIIème siècle, la ville de Toulouse a la réputation, justifiée, d’être un bastion du catholicisme intransigeant. La répression des protestants, par exemple, y fut impitoyable et féroce.

Il ne nous appartient pas de faire un réquisitoire, ce n’est ni le lieu ni dans nos pratiques ; néanmoins, on peut rappeler le bûcher contre l’universitaire Jean de CATURCE en 1532 qui conduisit Etienne DOLET à s’interroger sur la cruauté qui ferait les délices de Toulouse.

Quant à Pierre BAYLE, il écrit : "la ville de Toulouse est sans contredit l’une des plus superstitieuses de l’Europe, les catholiques des autres endroits du Royaume en sont quelquefois surpris. Sa haine des Huguenots est la plus étrange du monde".

Cet esprit, malheureusement, se perpétuera. Il sera à l’origine de l’affaire CALAS et VOLTAIRE dans « le traité de la tolérance », s’indigne contre la procession qui, chaque année, célèbre l’expulsion de 1562.

Toulouse est intransigeante à l’égard de toute dissidence au cours des dernières décennies du XVIème et au début du XVIIème, l’emprise catholique se renforce encore par l’intermédiaire des notables, l’église contrôle les principales institutions civile de la ville.

C’est dans ce contexte que VANINI arrive à Toulouse bénéficiant de la protection de François BASSOMPIERRE proche de MEDICIS et de son ami Adrien DE MONLUC, gouverneur du comté de Foix, ces deux protecteurs ayant des liens étroits avec les grands écrivains de leur temps, tels que GUEZ DE BALZAC, Mathurin REGNIER et Charles SOREL.

A Toulouse, MONLUC a fondé une académie "l’académie des Philarètes" (les amoureux de la vertu) dans laquelle VANINI se trouva à l’aise.

Et VANINI devint ce qu’on appellerait maintenant la "coqueluche" de la jeunesse dorée, il sut pénétrer les milieux très en vue de la société locale.

Grisé par ce succès, il deviendra imprudent. Après avoir traité, problématiquement, des mystères de l’église catholique, il en vint, peu après, à s’en moquer publiquement, ce qui fait l’objet de l’admiration des jeunes, provoqua la réaction de la bourgeoisie toulousaine qui le dénonça comme impie aux capitouls, les magistrats municipaux.

La réaction fut immédiate : faire un exemple pour réaffirmer l’autorité des dévots et ramener au bercail la jeunesse considérée comme égarée et surtout éviter de s’interroger sur la soumission à l’ordre dévot.

Le procès s’est déroulé en quelques heures le samedi 9 février1619. Le Président Gilles LE MAZUYER a prononcé la sentence de mort de la manière suivante :

"La cour a déclaré le dit Ucilio atteint et convaincu des crimes d’athéisme, blasphème, impiété et autres crimes et condamne Ucilio à être exécuté dans la journée même", verdict sans appel.

La condamnation se suffit à elle-même. Le libertin fut martyrisé, traîné nu, attaché à un char, supplicié, il refusa de demander pardon à dieu et répondra qu’il ne demanderait jamais pardon à une chose imaginaire.

Les châtiments corporels pour les blasphémateurs étaient particulièrement odieux, on lui arracha la langue et il sera étranglé avant que son corps ne soit brûlé sur le bûcher et les cendres jetées au vent.

Que dire ? Ce même 9 février Toulouse était en fête. Fêtes de carnaval, mais aussi fêtes en l’honneur d’Henri de MONTMORENCY, gouverneur du Languedoc. Le lendemain, sur la place même du bûcher, il y eut une course de bagues (jeu dans lequel les cavaliers d'un carrousel devaient décrocher des anneaux suspendus à un poteau fixe) à laquelle assistait une foule nombreuse comme la veille, où s’illustra la noblesse au premier rang de laquelle plusieurs anciens amis de VANINI, Adrien DE MONLUC notamment.

Mesdames, Messieurs, citoyennes, citoyens, cette histoire est notre histoire : le siècle des Lumières a conduit à une révision fondamentale des notions de liberté individuelles et collectives et notamment la liberté d’expression. La République et sa devise "Liberté, Egalité, Fraternité" a stabilisé les droits des citoyens, de tous les citoyens, la loi de séparation des églises et de l’Etat de 1905 a concouru à l’égalité, l’engagement religieux ou philosophique étant du domaine de l’individu.

La laïcité, vérité universelle, conduit au respect mutuel et l’Etat est dégagé de toute contrainte et soumission aux religions.

Faut-il rappeler que notre République est, avec le Portugal, le seul Etat laïque de l’Europe ?

Vous comprendrez, dans ces conditions, que la Fédération Nationale de la Libre Pensée soit légitimement inquiète des déclarations de certains responsables politiques qui n’hésitent pas à considérer la laïcité comme ringarde voire sectaire.

Je veux, de manière solennelle, faire un appel à la modération devant ces excès que nous souhaiterions être strictement de langue. Il ne serait pas pardonnable que l’on veuille de nouveau réveiller des oppositions d’un autre siècle.

La République Française ne saurait être abandonnée au profit du communautarisme qui porte en lui-même le conflit entre ceux qui croient et ceux qui ne croient pas, voire la tension entre gens des différentes croyances.

Dans quelques mois le Pape, autorité religieuse, viendra en France et plus précisément dans votre région. La Libre Pensée a demandé aux responsables politiques le respect de la loi de 1905 et réclamé que ce voyage ne soit pas financé par de l’argent public.

Et nous nous félicitons de la réponse du Président MALVY qui nous a assurés que la loi serait respectée.

Tout comme nous vous félicitons, à nouveau, Mesdames et Messieurs les élus de Toulouse, de l’initiative d’aujourd’hui.

A votre façon, vous avez, publiquement, ce faisant, affiché votre liberté de penser.

10 février 2008

8 février : succès de l'hommage à Vanini !





















Plus de 250 participants au rassemblement en hommage à Giulio Cesare VANINI et aux penseurs précurseurs des Lumières persécutés par l'obscurantisme religieux. Outre la présence de M. Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, on pouvait noter la présence de Mme Martine Martinel, députée PS, Mmes Françoise Imbert, sénatrice PS, et Catherine Lemorton, députée PS, ayant fait part de leur soutien. Pierre Gueguen, président de la Fédération départementale, Didier Foucault, professeur d'Histoire à l'Université du Mirail, auteur de travaux sur Vanini et sur l'histoire du Libertinage, Serge Pey, le poète "athée mystique" et directeur de la Cave Poésie, Marc Blondel, président de la Fédération nationale de la Libre Pensée, et le maire de Toulouse, ont pris tour à tour la parole dans un cadre qui rendait enfin hommage à ces pionniers des Lumières ayant vécu à Toulouse et assassinés parce qu'ils étaient libres penseurs. L'excellente conférence de notre ami Didier Foucault sur l'histoire des Libertins au 17° siècle et ses apports à la Libre Pensée a connu également un beau succès.
Voici la déclaration liminaire faite par le président de la Fédération départementale :
"Il y a 389 ans, à cet endroit même, Giulio Cesare Vanini, un jeune philosophe italien, mourait après d'atroces tortures sur les flammes du bûcher, victime de l'obscurantisme religieux, accusé de blasphème et d'athéisme. L'Eglise catholique, véritable police de la pensée, a tout mis en oeuvre afin que Vanini devienne un "non-être" pour la postérité, pour que son nom, son souvenir même soient à tout jamais effacés de la mémoire collective. Grâce à des chercheurs comme Didier Foucault, parce que la Libre Pensée s'est mobilisée, grâce enfin à vous, Monsieur le Maire, qui avez accédé à notre demande - et soyez-en ici publiquement et sincérement remercié - et bien, 389 ans après son assassinat, Giulio Cesare Vanini obtient une réhabilitation publique.
Il était juste d'associer à son nom ceux d'Etienne Dolet, de Michel Servet et de Giordano Bruno qui sont tous passés à Toulouse et qui ont été aussi exécutés pour leurs idées annonciatrices des Lumières.
Je voudrais pour finir vous lire le message de Bruno Segre, président de l'Associazione Nazionale del Libero Pensiero "Giordano Bruno" :
"Merci pour votre amicale invitation à la manifestation commémorative du martyre de Giulio Cesare Vanini que la Libre Pensée a organisée le 8 février à Toulouse.
Ne pouvant pour des raisons de santé et d'âge intervenir personnellement à cette importante commémoration, je souhaite m'y associer également au nom de l'association Nationale de la Libre Pensée "Giordano Bruno" que j'ai l'honneur de présider depuis de nombreuses années.

Nous, nous célébrons chaque année le souvenir de Giordano Bruno devant le monument qui se trouve à Rome là où fut dressé le bûcher de son supplice le 17 février 1600. Et bien cette année, je dirai dans mon discours que votre fédération a honoré solennellement Giulio Cesare Vanini et les autres martyrs de l'Inquisition.
Malheureusement, en Italie, nous subissons l'ingérence du Saint-Siège tant dans la vie politique que dans la société civile. Seule l'union des laïques de tous les pays peut freiner l'intolérance et la domination des cléricaux.
Je vous remercie de votre contribution à la lutte commune pour nous émanciper de la pieuvre vaticane à travers l'honneur rendu à la mémoire de ses victimes.
Meilleurs saluts et voeux de réussite"

02 février 2008

vendredi 8 février à 18h00
place du Salin

HOMMAGE

aux penseurs
précurseurs des Lumières
victimes de l’obscurantisme
qui ont étudié ou enseigné à Toulouse

Giulio Cesare VANINI
(1585 – 1619)
philosophe italien,
brûlé vif pour athéisme à Toulouse
le 9 février 1619

Etienne DOLET,
brûlé à Paris (1509 - 1546)

Michel SERVET,
brûlé à Genève (1511 – 1553)

Giordano BRUNO,
brûlé à Rome (1548 – 1600)

ILS PREFIGURAIENT LA LIBRE PENSEE ET LA RAISON


18h00 : rassemblement Place du Salin,
inauguration de la stèle dédiée à la mémoire du philosophe italien et de tous les intellectuels précurseurs des Lumières, torturés et persécutés pour avoir développé et défendu des idées pionnières de la libre pensée et de la raison.
Avec Marc BLONDEL, président de la Fédération nationale de la Libre Pensée,
Jean-Luc MOUDENC , maire de Toulouse,
Didier FOUCAULT, professeur agrégé, docteur en Histoire et maître de conférences à l’Université de Toulouse-Le Mirail,
Pierre GUEGUEN, président de la Fédération de la Libre Pensée 31


20h30 : conférence de Didier FOUCAULT,
sous la présidence de Marc BLONDEL
Grande salle polyvalente de la Maison des Associations
Ancienne caserne Niel, 81 rue Saint-Roch, 31400 Toulouse – M° Saint-Agne

« l’histoire du libertinage au XVII° siècle
et ses apports à la libre pensée » (entrée libre)
Le samedi 9 février 1619, à Toulouse, un jeune homme italien du nom de Pompeo Usciglio est attaché sur des claies puis traîné par trois chevaux de sa prison jusqu’au lieu de son supplice, place du Salin, avec un arrêt expiatoire sur le parvis de la cathédrale Saint-Étienne où on le fait mettre à genoux, un cierge à la main, pour « demander pardon à Dieu, au Roy et à la Justice ».
Il doit mourir parce qu’il est convaincu par ses juges de crime de « lèse-majesté divine » : « athéisme, blasphèmes, impiétés et autres crimes ». On l’a revêtu d’une simple chemise et on l’a affublé d’une pancarte sur laquelle ont été peints en grands caractères ces quelques mots : « Athéiste et Blasphémateur du Nom de Dieu ». On lui a passé autour du cou la « hard », la corde qui permettait au bourreau d’étrangler le condamné.
L’un des juges décrit le jeune Italien : « … un homme d’assez bonne façon, un peu maigre, le poil châtain, le nez long et courbé. Les yeux brillants et aucunement hagards, grand de taille ».
Le cortège arrivé place du Salin, on l’assoit et on l’enchaîne à un poteau devant une foule d’un millier de personnes. Il se refuse à tirer la langue « par laquelle il avait proféré des paroles exécrables » et que le bourreau doit trancher ; on le fait de force et le hurlement qui retentit alors hantera longtemps la mémoire toulousaine : « On n’a jamais entendu un cri plus effroyable ; vous l’auriez pris pour le mugissement d’un bœuf » .
Il est enfin étranglé et brûlé. Ses cendres sont dispersées au vent.
Cet homme s’appelle en réalité Giulio CesareVanini, jeune philosophe italien, réfugié clandestinement à Toulouse pour échapper aux foudres de la Sorbonne.
Né dans le Royaume de Naples en 1585, formé à Naples et à l'Université de Padoue, Vanini évolua au fil de ses travaux philosophiques et scientifiques vers l'athéisme.
Fuyant l'Italie et les autorités catholiques, reniant tour à tour le catholicisme et le protestantisme (il était moine), Vanini se rend à Londres, Venise, Lyon, Gênes et Paris, ville dans laquelle il connut une période de liberté intellectuelle. Mais condamné par la Sorbonne pour l’un de ses écrits, il décida de se réfugier à Toulouse, qui était pourtant connue pour son intolérance. Il y fut pris dans un véritable piège.

Les ouvrages que Vanini a laissés développent une conception matérialiste niant la création du monde, présentant une théorie originale du dynamisme des processus naturels et dénonçant la religion comme une imposture politique. Ces thèses très audacieuses ont fait de lui au XVII° siècle « le prince des libertins ».

Didier FOUCAULT, qui lui a consacré une importante thèse, exposera l’histoire du libertinage au XVII° siècle et ses apports à la libre pensée, vendredi 8 février à 20h30 dans la Grande salle de la Maison des Associations (81, rue Saint-Roch – M° Saint-Agne).

Rappelons que cette conférence sera précédée à 18h00, place du Salin, par l’inauguration de la plaque en mémoire de Vanini et des penseurs précurseurs des Lumières, qui ont étudié ou enseigné à Toulouse et qui ont été victimes de l’intolérance religieuse : Giordano Bruno, Etienne Dolet, Michel Servet.
M. Jean-Luc MOUDENC, maire de Toulouse, et M. Marc BLONDEL, président de la Fédération Nationale de la Libre Pensée, y prendront la parole.